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  • Bourgogne | Ressources | Femmes & Sciences

    Bourgogne Franche-Comté RESSOURCES 100 femmes et des milliers d’autres : un ouvrage et des vidéos Une des adhérentes du groupe a participé au projet “100 femmes et des milliers d’autres”. Dans le cadre d’un projet européen entre l’Université de Franche-Comté et l’Université de Genève, des portraits de femmes scientifiques ont été dressés selon deux formats : l’un sous la forme de fiches rassemblées dans un bel ouvrage, l’autre sous la forme de vidéos courtes et percutantes. En savoir plus Contact : Marie-Cécile Pera

  • Stéphanie Urdician, Nathalie Vincent-Munnia et Catherine Milkovitch-Rioux

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Stéphanie Urdician, Nathalie Vincent-Munnia et Catherine Milkovitch-Rioux Enseignantes-chercheuses en littératures et recherche-création « La performance artistique offre un dispositif de construction et de diffusion de la connaissance. » Stéphanie Urdician, Nathalie Vincent‑Munnia et Catherine Milkovitch-Rioux sont enseignantes-chercheuses à l’Université Clermont Auvergne, respectivement en théâtre hispanique contemporain, poésie française et littérature francophone contemporaine. Fondatrices de l’Atelier Recherche-Création (ARC) du Centre de Recherches sur les Littératures et la Sociopoétique (UR 4280, UCA), elles s’essaient à une science des arts, pour une poésie du savoir où les pratiques artistiques sont partie prenante de la construction des connaissances. Toutes trois ont eu, très jeunes, le goût des livres, des lettres, des arts et du spectacle vivant. Un goût découvert à l’école et fortifié jusqu’à leur doctorat. Parallèlement à leur fréquentation des œuvres, des auteurs et autrices, tant dans leurs travaux de recherche que dans leurs enseignements, elles ont très tôt ressenti la nécessité d’expérimenter et de partager autrement théâtre, poésie et littérature du temps présent. Toutes trois, sans savoir alors que ce geste les réunirait quelques décennies plus tard, ont poussé la porte du Service Université Culture où elles ont trouvé les personnes et les ressources à même d’engager un processus aujourd’hui indissociable de leur pratique scientifique et pédagogique : la recherche-création, qui envisage les expériences artistiques comme modalités du savoir et élabore la connaissance par l’expérimentation artistique, dans une recherche créative et collaborative. Le terrain d’expérimentation de Stéphanie Urdician, le laboratoire théâtral universitaire qu’elle co-dirige avec des artistes, « fonctionne comme une interface entre recherche, pédagogie et création, où la performance artistique offre un dispositif de construction et de diffusion de la connaissance », explique‑t‑elle. Par ailleurs, le programme MAAC (Matrimoine Afro‑Américano‑Caribéen), dont Stéphanie Urdician est l’une des responsables scientifiques,contribue à la constitu tion et à l’analyse de ce matrimoine culturel et des modalités de sa transmission dans la création contemporaine (littérature, arts et arts de la scène. Une équipe pluridisciplinaire et internationale, associant universitaires et artistes, recense et expérimente les legs culturels féminins par le biais d’entretiens avec des artistes, d’improvisations dansées ou encore d’expositions de photographies en réalité augmentée et virtuelle. Nathalie Vincent-Munnia et Catherine Milkovitch-Rioux, quant à elles, interrogent les relations entre littérature et histoire du temps présent dans la perspective sociopoétique qui constitue l’identité du laboratoire CELIS (UR 4280, UCA). Dans le programme de recherche « Réfugier-Enfance Violence Exil » (R-EVE), elles cernent, en sciences humaines et sociales, en littérature, au cinéma et au théâtre, les manières dont se crée, se traduit et se pense l’expérience juvénile de la guerre et de l’exil, « à hauteur d’enfant ». Avec la publication du coffret Réfugier (Carnets d’un campement urbain), adossée à des expositions et une programmation à la fois artistique et scientifique, elles œuvrent collectivement à une production où textes littéraires, dessins, photographies, installations et performances se saisissent de la question de l’exil et du refuge, au même titre que les approches théoriques. Pour toutes trois, la recherche-création, recherche « dans » et « avec » l’art, se donne des objets et des méthodes d’études qui interrogent les interactions et les représentations sociales. Par cette intelligence sensible du réel, puisant dans les ressources de l’expérimentation artistique et collective, toutes trois s’attachent à une élaboration partagée de nouvelles connaissances sur l’humain et à leur transmission. Espérant ainsi ouvrir la porte à de nouveaux publics.

  • Amandine Beau

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Amandine Beau Microbiologiste « Je souhaite changer la vie des femmes qui connaissent des infections à répétition, améliorer leur confort de vie. » Amandine Beau est ingénieure d’études en microbiologie, au sein d’une unité de recherche basée à l’IUT Clermont Auvergne - site d’Aurillac. Fascinée par les bactéries, elle étudie les caractéristiques d’un probiotique en partenariat avec l’entreprise Biose Industrie, pour améliorer le bien-être des femmes. Il y a trois ans, en pleine pandémie de la COVID-19, Amandine Beau réalise que de nombreuses personnes de son entourage ont peur. Elles redoutent ce qu’elles ne voient pas et qui paraît insaisissable : les virus, levures, bactéries… Le monde de l’infiniment petit. La jeune femme est en master de microbiologie, on lui demande des conseils, elle aide autant qu’elle peut. Les microorganismes, elle connaît bien, elle les étudie en cours et lors d’expériences professionnelles en laboratoire. Mais elle réalise alors qu’ils sont très mal perçus par la population, alors même qu’ils peuvent être bénéfiques pour la santé. Elle se jure de ne jamais oublier cet épisode singulier et se fixe un but : aider les femmes et les hommes à mieux vivre avec les micro-organismes. Ceux qu’elle étudie et qui la fascinent, ce sont les bactéries. Savez-vous que vous en hébergez plus que le nombre de cellules qui composent votre corps ? Elles sont partout, sur votre peau, dans vos intestins… Et heureusement car elles vous protègent de nombreuses agressions du monde extérieur ! Une en particulier a la faveur de la jeune ingénieure : Lactobacillus rhamnosus. Un nom barbare pour une bactérie lactique au superpouvoir anti-pathogène ! Miraculeusement, elle est déjà présente naturellement dans le tube digestif et dans les voies génitales des femmes. Elle permet notamment de lutter contre Candida albicans, un champignon microscopique à l’origine de candidoses intestinales et vaginales, qui affectent 75 % des femmes. Lactobacillus rhamnosus est ce qu’on appelle un probiotique, un micro-organisme vivant qui, lorsqu’il est ingéré en quantité suffisante, exerce des effets positifs sur la santé. Comme beaucoup d’autres bactéries aux effets bénéfiques, on le trouve communément dans les yaourts ou le fromage, mais il peut arriver qu’il soit en nombre insuffisant, notamment après un traitement antibiotique. Heureusement, il est possible de le synthétiser, en le cultivant dans un fermenteur, c’est ce que réalise l’entreprise Biose Industrie. Depuis un an, Amandine Beau étudie les effets de bactéries bénéfiques pour l’Homme, comme Lactobacillus rhamnosus et Lactobacillus crispatus qui ont la propriété d’empêcher des pathogènes de s'installer dans le corps des patientes. « Je souhaite changer la vie des femmes qui connaissent des infections à répétition, améliorer leur confort de vie », dit-elle. Au sein de son équipe, la jeune femme mène son combat à l’abri des regards, en espérant que ses découvertes auront un impact positif sur la vie de nombreuses femmes. En réalisant ses recherches, elle se voit un peu comme la gardienne de micro-organismes aux super-pouvoirs, prêts à attaquer une armée de pathogènes pour sauver le corps humain…

  • Mélissa Clarac

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Mélissa Clarac Technicienne de recherche en chimie "Je rêvais de faire des potions magiques" Mélissa Clarac est technicienne de recherche au Laboratoire de chimie (LC, ENS de Lyon / Lyon1 / CNRS). Après un bac S à Lunel, Mélissa Clarac intègre un DUT chimie à Sète. Avec une forte envie de continuer ses études mais ne sachant pas comment poursuivre, elle préfère arrêter un an et travailler dans tout autre chose, sans jamais pour autant perdre de vue sa passion, la chimie. Elle reprend ensuite une année d’études à Lyon et commence à travailler comme technicienne chimiste. D'où vient l’attirance irrépressible de Mélissa Clarac pour la chimie ? Il faut remonter jusqu'à son enfance quand, toute petite elle voulait déjà faire des potions magiques, et plus tard lorsqu’elle reçut à Noël la boîte du petit chimiste. C’est ainsi que peuvent naître les vocations. Intéressée par la recherche, les manips, l’observation et la paillasse, elle travaille dans un premier temps comme technicienne chimiste dans une entreprise d'analyse de l'eau. Confier des prélèvements à une machine n'étant pas précisément ce qui l’intéresse, elle cherche un autre poste et trouve son bonheur à Lyon. Mélissa Clarac travaille désormais dans la synthèse de matériaux pour batterie au sein d’une start-up hébergée par l’incubateur de l'ENS de Lyon. La création, la recherche, tout ce qu'elle a toujours voulu faire. Pour Mélissa Clarac, doit-on dire chercheure ou chercheuse ? L’une comme l’autre mais elle tient à préciser qu’en recherche, on ne recrute pas exclusivement des chercheuses mais également des techniciennes, dont le travail est indispensable au bon fonctionnement de la recherche. Les techniciennes ont donc toute leur place dans les laboratoires et les portes du monde scientifique leur sont grandes ouvertes. Les jeunes filles doivent y penser ! « En ce qui concerne la parité, je n'ai jamais eu ce souci, que ce soit dans ma scolarité ou au travail. Dans notre laboratoire la proportion est de 40 femmes pour 60 hommes. Dans mon équipe plus précisément, nous sommes trois, dont deux femmes. » Mélissa, jeune scientifique heureuse. Le secret des potions magiques ? Beaucoup de travail, de l'envie, de la détermination et trois fois rien de légèreté. Son domaine, en quelques mots : La course à l’infiniment plus petit bat son plein, notamment en ce qui concerne les circuits électroniques : gain volumique, économique, énergétique, diminution du poids, etc. Les avantages n’en finissent pas, d’où l’apparition des nanotechnologies. Mélissa Clarac travaille dans la conception de micro-batteries totalement solides, utilisant pour cela des nanoparticules de lithium. Plus petites mais aussi plus puissantes, ces micro-batteries cumulent les avantages : elles ne contiennent ni métaux lourds, ni lithium métallique, ni liquide inflammable, permettant ainsi une utilisation universelle et sans danger.

  • Clarisse Girault

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Clarisse Girault Ingénieure systèmes embarqués Mes lignes de code font battre le coeur des machines Clarisse Girault est ingénieure en systèmes embarqués chez Evolis, une entreprise basée à Beaucouzé, en Maine-et-Loire. Elle développe des logiciels embarqués destinés à piloter des imprimantes capables de personnaliser et d’encoder des cartes d’identification, telles que des cartes bancaires, des cartes étudiantes, des cartes d’identité, des permis de conduire. Elle conçoit ainsi le code informatique qui rend ces machines autonomes et intelligentes. Originaire d’Angers, Clarisse Girault y a effectué l’ensemble de sa scolarité. Bonne élève, elle développe très tôt un goût prononcé pour les disciplines scientifiques, en particulier les mathématiques et la physique. « J’aimais la logique et comprendre comment fonctionnent les objets électroniques, ce qu’il y a derrière ce que l’on utilise au quotidien. » Après un baccalauréat scientifique, elle intègre le cycle préparatoire de l’ESEO à Angers, une école d'ingénieurs des nouvelles technologies, puis se spécialise en systèmes embarqués. Elle débute sa carrière dans une start-up angevine avant de rejoindre le groupe Thales à Cholet pendant trois ans, puis Evolis, une entreprise spécialisée dans l'émission et la personnalisation de cartes d'identification, où elle travaille depuis quatre ans. Clarisse Girault intervient à toutes les étapes du cycle de vie du produit : étude des besoins, réflexion sur l’architecture logicielle, développement, phases de tests et suivi en production. «On peut comparer une machine à un corps humain : le processeur est le cerveau, les capteurs sont les sens et les moteurs les muscles. Le code permet à l’ensemble de fonctionner de manière coordonnée. Mon rôle est de donner vie à la machine. » résume-t-elle. Ce qui la motive particulièrement dans son quotidien professionnel est la résolution de problèmes complexes. « Quand un dysfonctionnement apparaît, je cherche à comprendre précisément pourquoi le système ne réagit pas comme prévu. » Parallèlement, elle participe régulièrement à des actions de médiation scientifique, de salons étudiants à l’accueil de stagiaires. Elle y présente un métier souvent méconnu, alors même que les systèmes embarqués sont présents dans la plupart des objets électroniques. « Derrière chaque appareil, même simple, il y a du code et des choix techniques. » Clarisse Girault souhaite contribuer à rendre visibles des parcours féminins dans les sciences et l’ingénierie. « J’aurais aimé, plus jeune, rencontrer des femmes ingénieures pour pouvoir me projeter. » Aujourd’hui, elle souhaite à son tour montrer que ces métiers ne sont « ni réservés à un genre, ni à un petit nombre », mais à toutes celles et ceux qui aiment comprendre, créer et résoudre des problèmes.

  • Alexa Dufraisse

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Alexa Dufraisse Archéobotaniste « La recherche s’apparente à un puzzle sans modèle et avec des pièces manquantes. » Directrice de recherche au laboratoire BioArchéologie, Interactions, Sociétés, Environnements (BioArch, CNRS/MNHN/ Inrap), Alexa Dufraisse s’intéresse aux restes de bois carbonisés, témoins d’un passé à la fois biologique et culturel. Cette spécialisation pointue l’a conduite à coordonner un important projet de recherche après l’incendie de Notre-Dame de Paris. Si beaucoup d’enfants s’intéressent aux dinosaures, Alexa Dufraisse, elle, en était passionnée, au point de passer ses étés sur des chantiers de fouilles. Au fil des années, elle continue d’arpenter les sites archéologiques mais n’y cherche plus des fossiles de diplodocus : désormais, ce sont les restes de végétaux qui l’intéressent. L’étudiante s’est en effet orientée vers l’archéobotanique, une discipline qui vise à reconstituer les paysages du passé et à comprendre ce qu’ils révèlent des sociétés humaines. Après une thèse à l’université de Franche-Comté à Besançon et quatre années de post-doctorat en Suisse, Allemagne et Papouasie, la jeune femme entre en 2006 au CNRS, où elle est aujourd’hui directrice de recherche. Sa spécialité ? L’étude du charbon de bois, également appelée anthracologie. Le bois carbonisé se conserve dans les sédiments pendant des millénaires. Et même carbonisé, le bois demeure une archive extrêmement précieuse : la largeur des cernes, ces anneaux qu’on observe sur les troncs et branches coupées, tout comme la taille des vaisseaux qui conduisent la sève ainsi que la composition chimique du bois permettent d’identifier les espèces d’arbres, leur provenance et même le type de forêts à laquelle ils appartenaient. Alexa Dufraisse récolte aussi des informations sur le climat d’autrefois ou encore la manière dont une forêt était exploitée, qui en dit long sur la relation entre une société et son environnement. Pour elle, la recherche s’apparente à un puzzle sans modèle et avec des pièces manquantes. En plus de fournir une image du passé, comprendre comment des arbres ont réussi ou à non s’adapter peut par ailleurs nourrir la réflexion sur les politiques forestières actuelles. Si l’archéobotaniste étudie souvent des charbons vieux de 5 000 ou 6 000 ans, depuis 2019, ses recherches se concentrent sur le Moyen Âge, et pour cause : après l’incendie de Notre-Dame de Paris, le CNRS et le ministère de la Culture lancent un grand chantier scientifique, à côté de la reconstruction. Alexa Dufraisse prend la tête du groupe « Bois et Charpente ». Au-delà de la datation, à l’année près, de certaines poutres, les 70 spécialistes sont parvenus à caractériser l’état des forêts et le climat de l’époque. Signe qu’une catastrophe peut, malgré tout, faire avancer la recherche.

  • Sortie du podcast Les Sciences au féminin pluriel

    Sortie du podcast Les Sciences au féminin pluriel © Elva Fuentes (image centrale générée par IA) Le podcast "Les Sciences au féminin pluriel" vise à promouvoir les femmes en sciences à travers les récits de 7 chercheuses et jeunes docteures. Le monde de la recherche reste souvent un milieu obscur pour le grand public et finalement assez peu associé aux femmes. Elva Fuentes, membre de Femmes & Sciences, a voulu donner la parole à des femmes scientifiques ! Ici elles se livrent sans tabous sur leur parcours, leurs recherches, leurs bonnes comme leurs mauvaises rencontres et elles parlent du quotidien, finalement assez peu connu, des femmes qui font de la science. Merci à elles d'avoir participé à ce podcast et merci à vous d'apporter votre soutien en les écoutant ! Accès au podcast sur : - Acast - Deezer - Spotify - YouTube Elva Fuentes est docteure en écotoxicologie et membre de Femmes & Sciences. Elle espère avec ce podcast apporter une nouvelle vision du monde de la recherche et faire découvrir des chercheuses inspirantes. Merci au comm'on lab de l'Université de La Rochelle, en particulier à Clément Mauduit qui l'a accompagnée jusqu'à l'aboutissement de ce projet. < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >

  • Agnès Borbon

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Agnès Borbon Chimiste de l’atmosphère « Les instruments ainsi que les équipes de recherche venus d’Europe se retrouveront au sommet, la tête dans les nuages. » Agnès Borbon est directrice de recherche au CNRS, au Laboratoire de Météorologie Physique (UMR 6016, CNRS/UCA, Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand). Tout juste rentrée d’une campagne de mesures de la pollution de l’air au Brésil, galvanisée par l’aventure humaine qu’elle y a vécue, elle se projette avec allégresse dans les analyses de données à venir. Avant de goûter aux sciences, c’est de pays étrangers qu’Agnès Borbon s’est d’abord nourrie, avec le ciné-club de quartier de son enfance, qui lui ouvre les portes de pays et de cultures lointaines. Adolescente, elle a la chance de participer à des échanges scolaires outre-Atlantique, encouragée par ses parents, puis poursuit les escapades en famille grâce à une mère aimant l’anglais et un père prêt à s’endetter pour voyager. L’envie d’ailleurs ne l’a plus jamais quittée. Faire des sciences en revanche n’était pas une évidence. « Bonne élève, j’aurais pu faire plein de choses ! L’étude des langues étrangères m’attirait aussi » se souvient-elle. C’est finalement sa sensibilité à l’environnement qui la conduit vers des études universitaires en physique-chimie appliquée aux pollutions et aux nuisances. Dès le master puis en thèse, elle découvre l’atmosphère, ses mouvements, mais aussi son cocktail de polluants responsables à la fois de plus de cinq millions de décès chaque année dans le monde mais aussi du changement climatique. Elle entre au Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) en 2005 comme chargée de recherche : elle y développe des projets pour mesurer et identifier l’origine de certains groupes de polluants, les composés organiques volatils (COV), et comprendre comment ils se transforment dans l’atmosphère. Aujourd’hui, son approche est le juste reflet de ce qu’elle aime et qui l’anime : une science hors des murs, sur le terrain, dans des zones sensibles sous pression anthropique (due à l’activité humaine), au plus près du réel, qui peut l’éloigner pour quelques semaines du laboratoire. La chercheuse fait ses premières armes dans les campagnes de grands programmes internationaux, où elle place ses instruments de mesures à bord d’avions de recherche pour suivre les masses d’air polluées, comme celles des villes africaines ou de Méditerranée. Elle y découvre l’altérité, le travail d’équipe, l’émulation, la débrouille aussi, et embarque parfois toute la famille dans l’aventure. La bougeotte ? Oui, mais de façon réfléchie et raisonnée, sur une planète où se déplacer n’est pas sans impact pour l’environnement. Le terrain pour Agnès Borbon peut aussi être très proche : avec ses collègues et la communauté étudiante, elle se prépare déjà pour une prochaine campagne au printemps 2024 au sommet de la station de l’observatoire atmosphérique du puy de Dôme : « Il y sera question de transformations chimiques et biologiques des polluants dans l’atmosphère nuageuse », s’enthousiasme la scientifique. « Les instruments ainsi que les équipes de recherche venus d’Europe se retrouveront au sommet, la tête dans les nuages. »

  • Elisa Demuru

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Elisa Demuru Primatologue, éthologue "La femme qui murmurait à l’oreille des bonobos" Elisa Demuru est post-doctorante CNRS au Laboratoire dynamique du langage (DDL, Lyon2 / CNRS) en collaboration avec l’Équipe de neuro-éthologie sensorielle (ENES/Neuro-PSI, UJM Saint-Étienne / CNRS). D’origine piémontaise, elle étudie à l'Université de Turin en sciences de la vie et de la Terre. Elle obtient un master puis un doctorat de recherche en biologie du comportement, à Parme. Après un détour par le Musée d'Histoire Naturelle de l'Université de Pise, elle initie en France un projet post-doctoral qui analyse l’expérience sociale dans les premières années de vie et le développement des capacités communicatives chez les bonobos. Chez les bonobos tout le monde peut communiquer par des rapports sexuels : entre mâles et femelles, entre mâles, entre femelles, vieux, jeunes... Afin de régler des tensions mais aussi dans d’autres contextes : « pour eux ce n'est pas tabou, ce n'est pas de la reproduction, même chez les petits qui jouent entre eux, il y a toujours ce fond de sexualité » sourit Elisa Demuru. La socio-sexualité de ces primates si proches de l'homme est la seule chose que l'on retient généralement, un aspect sans équivalent dans le règne animal. « Pourtant il y a des conflits, précise Elisa Demuru, ce n'est pas une société pacifique, ils sont aussi capables de se battre. » Jusque dans les années 30, on n’avait pas identifié les bonobos que l’on assimilait à des chimpanzés. Des études anatomiques du squelette, réalisées dans un musée en Belgique, ont révélé des différences importantes. Cela ne fait pas moins de dix ans qu’Elisa Demuru, enthousiaste spécialiste des bonobos, les observe dans divers parcs animaliers d'Europe, dont celui de La Vallée des Singes non loin de Poitiers, ou dans leur berceau, le sanctuaire Lola ya Bonobo en République Démocratique du Congo. Elle travaille à comprendre les différents aspects de leur vie sociale ainsi que leur façon de communiquer. Elle reste parfois des journées entières, caméra au poing, à compiler des données pour analyser les résultats en laboratoire. Pourquoi avoir choisi les bonobos comme sujet de recherche ? « À huit ans, j'ai trouvé un livre sur l'évolution de l'Homme, que j'ai lu et relu. Je me suis dit que quand je serai grande je serai scientifique et que je ferai des études pour comprendre pourquoi nous sommes devenus ce que nous sommes. » La comparaison de l’animal humain avec les autres primates est fondamentale pour répondre à cette question. Il faut pour cela étudier les comportements des hommes et des femmes et aussi des grands singes. « On se voit tels des anges tombés du ciel, mais nous ne sommes que des singes qui marchent debout, comme disait le célèbre zoologue Desmond Morris. » Son domaine, en quelques mots : L'éthologie est la discipline scientifique qui s’intéresse au comportement des animaux. L'espèce étudiée par Elisa Demuru est le bonobo. Ses recherches visent à comprendre la façon dont les bonobos – cette espèce évolutivement la plus proche de l’humain – communiquent leurs intentions et émotions dans un contexte de jeu social. L’analyse des enregistrements vidéos et sonores collectés pendant plusieurs mois lui permet de décrire en détail les gestes, les expressions faciales et les vocalisations utilisés pour gérer une interaction ludique, dans le but d’explorer les liens entre la communication animale et humaine. La primatologie est-elle un domaine facilement accessible aux femmes ? « Quand on pense à des primatologues, on a tout de suite l’image de trois femmes célèbres : Jane Goodall, Dian Fossey et Birutė Galdikas. Malheureusement, dans la réalité on retrouve rapidement le phénomène du plafond de verre ». Et d'ajouter en riant « peut-être devrait-on apprendre quelque chose des bonobos : chez eux, ce sont les femelles qui dominent en s'entraidant ! »

  • Hommage à Nicole Mosconi, pionnière disparue le 06/02/2021

    Hommage à Nicole Mosconi, pionnière disparue le 06/02/2021 Photographie fournie par FV La thèse en 1986 de Nicole Mosconi sur « La mixité dans l'enseignement secondaire : un faux-semblant ? » a initié les recherches dans ce domaine. Son habilitation en 1992 portait sur « Savoir, rapport au savoir et différence des sexes ». Elle a abordé ces questions dans tout son travail de recherche. Elle a montré l’influence des rapports sociaux de sexe sur les apprentissages des jeunes et la manière dont les enseignant·es, le plus souvent involontairement, traitent différemment les filles et les garçons. Nicole Mosconi a formé les chercheurs et chercheuses dans ce domaine ; le chapitre sur les stéréotypes du livret « Les femmes et les sciences…au-delà des idées reçues » de l’association Femmes &Sciences » est très inspiré par ses travaux. Elle a participé aux instances dirigeantes de nombreuses structures, notamment : ANEF (association nationale des études féministes), Institut Emilie du Châtelet, le comité de rédaction de la revue Travail, Genre et Sociétés. Une grande dame nous a quitté·es, mais ses travaux continueront à nous inspirer. < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >

  • Céline Merlet reçoit le prix PRACE Ada Lovelace et la médaille de bronze du CNRS

    Céline Merlet reçoit le prix PRACE Ada Lovelace et la médaille de bronze du CNRS © Françoise Viala (IPBS-Toulouse/CNRS-UT3) Bravo à notre webmistress, distinguée pour avoir « fait progresser de manière décisive les recherches sur les supercondensateurs, avec de nombreuses innovations » ! PRACE (PartneRship for Advanced Computing in Europe) est une association européenne « visant à offrir des ressources et des services de calcul de niveau mondial et de gestion des données à travers un processus de revue par les pairs. » Le prix PRACE Ada Lovelace est attribué chaque année à une femme faisant une contribution exceptionnelle au calcul intensif (HPC : High Performance Computing) en Europe et dans le monde, et servant de modèle aux jeunes femmes scientifiques. La médaille de bronze du CNRS récompense les premiers travaux consacrant des chercheurs et des chercheuses spécialistes de leur domaine. En 2021, 46 médailles de bronze sont attribuées à 29 chercheuses et 17 chercheurs, pour les encourager à poursuivre leurs recherches bien engagées et déjà fécondes. Les travaux de Céline, chercheuse au laboratoire CIRIMAT à Toulouse, portent sur le développement et l’application de modèles multi-échelles pour une meilleure compréhension et une prédiction plus précise et plus rapide des performances des systèmes de stockage d’énergie électrochimique. Elle a développé en particulier un nouveau code pour modéliser l’interface électrode/électrolyte, décisive pour les performances des supercondensateurs, 10.000 fois plus rapide que ce qui existait auparavant. Femmes & Sciences félicite chaleureusement Céline et la remercie pour son aide ! Communiqué de presse de PRACE Communiqué de presse du CNRS < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >

  • Alexandra Pierre

    © Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Alexandra Pierre Géographe de la mer À la barre d'un avenir bleu partagé Alexandra Pierre est post-doctorante de Le Mans Université au laboratoire Espaces et sociétés [1]. Elle cherche à identifier les meilleures pratiques en matière de ré-ensauvagement côtier en Europe, une solution basée sur la nature [2] qui invite à repenser les usages des territoires littoraux. Caribéenne, elle s’appuie sur ses ancrages géographiques et culturels pour nourrir une approche scientifique plus ouverte au monde. Etudiante ingénieure-architecte à l’Université d’État d’Haïti, Alexandra Pierre assiste en 2011 à une conférence scientifique sur l’écologie. Là, une rencontre fortuite la convainc de suivre un programme de plongée sous-marine avec l’organisation Reef Check. Sous la surface, elle découvre « l’horizontalité, l’absence de pesanteur, le sentiment de liberté ». Un déclic qui résonne alors avec son histoire familiale : un grand-père pêcheur, un autre impliqué dans le (dé)chargement des marchandises des navires au quai, la présence quotidienne de femmes commerçantes de produits de la pêche. Ses origines familiales, doublées du hasard de la vie, orientent durablement ses recherches vers l’océan, et les sociétés littorales et insulaires. Après un master en chimie, parcours Eau et environnement, elle quitte alors les Caraïbes pour l’École supérieure du professorat et de l’éducation de l’Université Clermont-Auvergne. Alexandra Pierre évolue depuis à l’interface entre recherche, diplomatie environnementale et engagement international, avec une attention particulière portée aux populations locales et aux femmes. Elle travaille aujourd’hui sur la conservation marine, les politiques climatiques et les dynamiques sociales des territoires côtiers dans l’idée de « permettre à la mer de reprendre sa place, que les flux et reflux des vagues puissent se faire dans des conditions optimales ». Elle s’intéresse notamment à l’acceptation sociale des politiques de conservation des littoraux par les populations locales de différents territoires côtiers européens et caribéens « Pour les populations locales, le retour de la mer est souvent perçu comme une perte de territoire imposée par des décisions éloignées de leur quotidien », souligne-t-elle, regrettant l’accès parfois limité aux enquêtes de terrain. Entre la France et Haïti, le Nord et le Sud, et à l’interface de plusieurs disciplines pour penser la résilience des territoires insulaires, Alexandra Pierre porte ainsi une vision inclusive de la sororité, intégrant la question du genre dans la gouvernance des ressources naturelles : « On voit souvent la femme à la barre, mais on oublie toutes celles qui l’ont aidée à tenir le cap ». Convaincue que la science a besoin de diversité incarnée, elle souhaite offrir aux jeunes filles, notamment afro-caribéennes, des figures auxquelles s’identifier. [1] ESO, CNRS / Le Mans Université / Université d’Angers / Nantes Université / Université de Rennes 2 / UNICAEN / Institut Agro [2] Promue par le projet européen REWRITE - Restoration of InterTidal sediment Ecosystems for carbon sequestration, climate adaptation and biodiversity support.

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