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- Céline Boutin
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Céline Boutin Biophysicienne "L’expérience, c’est mettre la science en résonance" Céline Boutin est biophysicienne, chercheuse au CEA. Elle travaille au Laboratoire structure et dynamique par résonance magnétique à Saclay, au sein de l’unité de Nanosciences et innovation pour les matériaux, la biomédecine et l’énergie (NIMBE - CEA/CNRS/Université Paris-Saclay). Tout commence en classe de 3ème lorsque Céline Boutin décide de s’inscrire à un concours d’initiation à la recherche parrainé par un laboratoire de microbiologie. C’est là qu’elle attrape le virus ! Dès lors, elle oriente son parcours afin d’intégrer à son tour le monde de la recherche. Après une classe préparatoire, elle intègre une école d’ingénieur en biotechnologies, et curieuse, elle décide d’élargir ses connaissances en réalisant sa thèse en physique. C’est grâce à cette double compétence qu’elle rejoint le CEA en 2008 en tant que post-doctorante puis en tant que chercheuse. Céline Boutin travaille dans une équipe qui vise à améliorer l’outil de la résonance magnétique nucléaire (RMN), principe à la base de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). L’IRM est principalement connue pour être couramment utilisée à l’hôpital pour obtenir des vues de l’intérieur du corps, mais on retrouve aussi de la RMN dans les secteurs de la recherche et de l’industrie pour caractériser des composés. Cette « touche-à-tout » travaille donc aussi bien avec un fer-à-souder à la main que sur les spectromètres RMN/IRM. Plus particulièrement, Céline Boutin est la biologiste de l’équipe et développe des applications en imagerie des poumons ainsi qu’en cancérologie en étudiant des cellules résistantes ou non à la chimiothérapie. Pour cela, elle utilise un gaz rare : le xénon, actuellement utilisé comme anesthésiant dans certains hôpitaux. Ce gaz est facilement détectable par RMN grâce à un dispositif qui possède l’originalité d’être transportable dans une camionnette vers d’autres laboratoires. Le xénon peut être inhalé afin de pouvoir visualiser les poumons ou les zones d’intérêt. La biologie cellulaire fait partie de son quotidien. Céline Boutin est en interaction permanente avec ses collègues et avec d’autres équipes dans des domaines aussi variés que la chimie ou la médecine. Elle participe également à la rédaction de financements et d’articles de recherche, et gère les salles de culture cellulaire rattachées au laboratoire. Le tout en jonglant avec son deuxième « métier » de maman. Bref, elle ne s’ennuie pas !
- Catherine Jeandel
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Catherine Jeandel Océanologue "L'eau, je ne fais pas que la boire" Catherine Jeandel est océanologue géochimiste. Elle est directrice de recherche au CNRS et travaille au Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS/OMP – CNRS ; Université Toulouse III – Paul Sabatier ; IRD ; CNES). Initiée très jeune au milieu marin des rivages de la Bretagne du nord, Catherine Jeandel, en dépit de son désamour pour les mathématiques, poursuit son rêve d’enfance de devenir océanologue. D’une seconde littéraire à une intégration en classes préparatoires scientifiques, elle persiste dans cette voie. Elle effectue sa thèse et son post-doctorat en géochimie marine, à une époque où la chimie marine était balbutiante et intègre le CNRS en 1981. Intéressée par tous les aspects de l’océan : physiques, biologiques, chimiques, elle devient océanologue géochimiste. Depuis, elle sillonne les mers du globe, les explorant en profondeur pour améliorer notre compréhension d’un système si vaste et si complexe. Travailler sur une passion aussi ancrée explique sans doute pourquoi elle aime tant partager ses recherches mais aussi alerter sur les menaces qui pèsent sur notre environnement. Au quotidien, Catherine Jeandel écrit des projets pour obtenir une campagne en mer. Elle embarque pour deux mois avec quelques quarante collègues et échantillonne eau et particules, les rapporte au laboratoire, extrait les traceurs chimiquement en salle blanche pour les protéger des poussières. Puis, elle les analyse au spectromètre de masse, interprète les mesures, écrit des articles, forme des étudiant.e.s de masters, des doctorant.e.s… et surtout, collabore au niveau mondial. En effet, l’océan est si vaste qu’il s’étudie en collaborations internationales car il est impensable scientifiquement de laisser des zones du monde inexplorées ! Actuellement, elle coordonne avec des collègues un projet mondial d’exploration géochimique des mers Intitulé Géotraces. Très impliquée dans la diffusion de la culture scientifique, elle a été l’une des initiatrices toulousaines du Train du climat qui a sillonné la France en 2015, à l’occasion de la COP21, et poursuit l’aventure pour partager les savoirs dans les territoires. Catherine Jeandel a été lauréate de la Médaille de bronze du CNRS 1992.
- Sylvie Ducki
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Sylvie Ducki Chimiste organicienne « Avec mes collègues, nous essayons d’innover en créant des médicaments, nous imaginons de nouvelles molécules […] » Sylvie Ducki est professeure des universités en chimie organique et médicinale. Elle partage son temps entre la recherche à l’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand (UMR 6296, CNRS/UCA), où elle développe des médicaments pour combattre la douleur, et l’enseignement à l’école SIGMA Clermont, membre de Clermont INP, où elle forme les ingénieures et ingénieurs de demain. Avec elle, la chimie, c’est sans mal ! Pourquoi ce pull gratte-t-il ? Pourquoi les carottes donnent-elles les joues roses ? Elle a mauvais goût l’eau de la piscine ! Pourquoi le chewing-gum colle-t-il aux appareils dentaires ? Tant de questions sans réponse que Sylvie Ducki s’est posées jusqu’à ce qu’elle découvre la chimie ! À quatorze ans, un monde insoupçonné s’ouvre à elle : l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les aliments que nous mangeons jusqu’aux matériaux du quotidien, plastiques, métaux, tissus, tout est molécule… même les médicaments qu’elle développe désormais. Passionnée par les sciences de la vie, Sylvie Ducki s’oriente à dix-huit ans vers la chimie organique, une discipline essentielle pour comprendre le vivant. Son aventure débute en Angleterre, où elle étudie les plantes médicinales utilisées dans le traitement du cancer. Ses recherches la mèneront aux États‑Unis, au Chili, en Italie et dans bien d’autres pays. Quinze ans à parcourir le monde pour cultiver les savoirs et comprendre comment sont développés les médicaments. Le goût du voyage ne la quittera plus. « J’adore découvrir de nouvelles cultures, faire de belles rencontres, parler différentes langues... », s’émerveille la chercheuse. Forte de ses expériences à l’international, elle revient en France avec un objectif en tête et un défi de taille : soulager les vingt millions de Françaises et Français qui souffrent de douleur chronique. Avoir mal est un cri d’alarme, mais quand la douleur persiste au-delà de trois à six mois, quand elle s’installe et se répète, elle devient une maladie qu’il faut soigner. Seulement voilà, chez 60 % des patients, les antalgiques actuels – paracétamol, tramadol et même morphine – ne sont pas efficaces. Et il y a des maux que la science n’arrive pas encore à soulager, les douleurs qui affectent le système nerveux quand il est endommagé ou celles liées à des maladies graves, comme le cancer ou la maladie d’Alzheimer. Au laboratoire, Sylvie Ducki cherche à améliorer les antalgiques pour qu’ils soient plus efficaces et provoquent moins d’effets indésirables. « Avec mes collègues, nous essayons d’innover en créant des médicaments, nous imaginons de nouvelles molécules : un carbone ici, un hydrogène par là… C’est un peu comme créer un nouveau plat, on essaie, on retente, jusqu’à trouver la meilleure recette. » Cette scientifique s’inspire aussi de la nature, car 50 % des médicaments viennent des plantes. Saviez-vous que l’Auvergne abrite une flore exceptionnelle et possède une riche tradition d’utilisation de plantes médicinales ? Arnica montana pour soulager les douleurs musculaires, reine-des-prés pour les maux de tête, prêle pour traiter l’arthrite… Cette fois, pas de voyage en solitaire mais un travail en équipe avec des modélisateurs et modélisatrices qui réalisent des simulations moléculaires et des pharmacologues qui décodent les modes d’action des médicaments. Fruit de cet effort commun, l’Institut Analgesia, dont elle est cofondatrice, est aujourd’hui la première fondation de recherche dédiée à l’innovation contre la douleur en France. Il y a de quoi se lancer des fleurs !
- Mise en Lumière du programme de Mentorat Femmes & Sciences Toulouse CBI
Mise en Lumière du programme de Mentorat Femmes & Sciences Toulouse CBI © Wix Un reportage télé a permis de mettre en lumière le programme de mentorat Femmes & Sciences Toulouse CBI-PhD Programme A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, France 3 Toulouse est venue tourner un reportage au Centre de Biologie Intégrative pour mettre en lumière le programme de mentorat Femmes & Sciences de Toulouse. Aprés une interview d'un binôme : Mentore, Pascale Dufourcq et Mentorée, Romane Dusfour-Castan, Julie Batut, la coordinatrice, du programme, a détaillé des éléments du programme. Regarder le reportage sur le site de France 3 à 08 m 03 s. < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Mbarka Krid
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Mbarka Krid Ingénieure matériaux et procédés « Les laboratoires comme le sien sont mixtes et les femmes, insiste-t-elle, doivent montrer qu’elles sont là. » Passionnée par les défis techniques, Mbarka Krid a trouvé sa voie dans l’aéronautique. Ingénieure d’études chez Airbus Helicopters, elle explore les causes des pannes et teste de nouveaux matériaux pour garantir la sécurité des appareils. Un métier exigeant, à la croisée de la recherche et de l’industrie, où elle affirme avec conviction la place des femmes. Bien que les pannes d’hélicoptère soient rares, chaque incident est minutieusement analysé car il peut compromettre la sécurité du pilote et, dans le cas d’un appareil civil, celle des passagers. C’est cet enjeu crucial qui a poussé Mbarka Krid à s’orienter vers ce domaine. Un choix également nourri par sa curiosité et son désir d’apprendre. Elle a toujours aimé les challenges : après son baccalauréat, elle entame des études de chimie, même si ce n’est pas la matière où elle se sent le plus à l’aise. De même, après sa licence, elle opte pour un master science et génie des matériaux parce que le sujet lui paraît complexe, donc stimulant. Et quand des difficultés surviennent, elle s’accroche et persévère, fière, ensuite, d’avoir surmonté ces obstacles. Si l’industrie l’attire par son côté concret, des stages au CNRS lui donnent envie d’y associer une dimension recherche. À l’issue de ses études, un poste d’ingénieure d’études chez Airbus Helicopters lui offre cette possibilité : au quotidien, Mbarka Krid mène des investigations pour comprendre d’où viennent les pannes. Elle travaille aussi en amont sur de nouveaux matériaux bruts, avant qu’ils ne soient montés au niveau des pales des hélicoptères : des tests thermiques mesurent leur résistance à la chaleur tandis que d’autres, mécaniques, les soumettent à des flexions, des torsions, des étirements… Quant aux études chimiques, elles permettent d’évaluer la compatibilité de plusieurs matériaux entre eux. Grâce à cette diversité d’expériences, Mbarka Krid a le sentiment que chaque journée est différente de la précédente. L’aéronautique lui plait aussi parce qu’il s’agit d’un secteur en constant renouvellement, dans lequel les femmes ont toute leur place : si dans les usines, la majorité des salariés sont des hommes, les laboratoires comme le sien sont beaucoup plus mixtes et les femmes, insiste-t-elle, doivent montrer qu’elles sont là.
- Hala Bayoumi
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Hala Bayoumi Mathématicienne en sciences sociales "Je suis la face cachée des Humanités" Hala Bayoumi est ingénieure de recherche CNRS en traitement, analyse et représentation de l’information spatiale. Depuis 12 ans, elle travaille au Centre d’études et de documentation juridique, économique et sociale (CEDEJ - CNRS/Ministère des affaires étrangères) pour appliquer les mathématiques aux sciences sociales. Après avoir brillamment décroché un doctorat en informatique et mathématiques appliquées aux sciences humaines et sociales à l’École pratique des hautes études à Paris, Hala Bayoumi est ingénieure de recherche, depuis 12 ans au CNRS. Affectée en Égypte, au CEDEJ, un laboratoire implanté dans la capitale du Caire, elle travaille sur les problématiques de l’Égypte contemporaine, en pilotant une équipe composée d’une vingtaine d’ingénieurs, de cartographes et de bibliothécaires. Ses compétences sont mises au service de plusieurs programmes scientifiques, par exemple sur la pauvreté, le recensement national de population, la mise à jour de la carte administrative de l’Égypte, ou la numérisation des archives de presse. Ses actions de recherche ont été l’occasion de nouer un partenariat international avec des institutions égyptiennes telles que le CAPMAS (équivalent de l’INSEE en France) ou la prestigieuse Bibliotheca Alexandrina, à Alexandrie. En 2017, Hala Bayoumi a été lauréate de la médaille de cristal du CNRS pour l’invention d’un algorithme qui a permis de créer, en trois langues (français, anglais, arabe), un portail web de recherche présentant deux millions d’articles de la presse égyptienne sur 40 ans, cedej.bibalex.org . Soucieuse de vulgarisation, Hala Bayoumi co-dirige actuellement le premier atlas de l’Égypte contemporaine, à paraître en France, aux éditions du CNRS, avec une version électronique, gratuite, en arabe. Cette chercheuse a aussi à cœur de transmettre son savoir. Depuis 5 ans, elle coordonne une formation professionnelle de niveau Master à destination des ingénieurs égyptiens du CAPMAS. L’écrasante majorité des 60 diplômés de cette formation étant des femmes, Hala Bayoumi œuvre à la promotion des carrières féminines dans ce pays.
- Intervention au Collège Notre-Dame de Sion de Strasbourg
Intervention au Collège Notre-Dame de Sion de Strasbourg © VPB F&S À la demande du Chargé de mission classes APIE, 8 ingénieures et chercheuses vont animer un atelier Mendeleieva en parallèle de l’exposition 'Femmes scientifiques …' Dans le cadre de la semaine du 8 mars, 8 ingénieures et chercheuses vont animer un atelier Mendeleieva au collège Notre-Dame de Sion de Strasbourg à 2 classes de 6ème APIE (Atypique Personne dans l'Intelligence et l'Emotion). Le jeu Mendeleieva permet de donner à voir aux jeunes, et notamment aux jeunes filles, des scientifiques en chair et en os (les animatrices), mais aussi de nombreuses femmes scientifiques (135) sur les cartes associées aux différents éléments chimiques . En parallèle, l’exposition 'Femmes scientifiques d'Alsace et d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'hui' sera exposée au collège pendant une semaine. Elle présente des femmes engagées, compétentes et passionnées par leur travail qui démontrent qu'une vie professionnelle dans les sciences, riche et épanouie, est accessible aux femmes et compatible avec une vie personnelle et familiale. Pour en savoir plus sur le jeu Mendeleiva : https://www.femmesetsciences.fr/mendeleieva Pour en savoir plus sur l'exposition 'Femmes scientifiques d'Alsace et d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'hui' : https://www.femmesetsciences.fr/alsace-expositions < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Martina Pastorino lauréate du "prix de thèse de la parité"
Martina Pastorino lauréate du "prix de thèse de la parité" Martina PASTORINO, qui a fait sa thèse en cotutelle INRIA/Université Côte d'Azur-Université de Gènes a obtenu le "prix de la thèse de la parité" pour l'excellence de sa thèse. Martina Pastorino a obtenu le 10 octobre dernier le prix de thèse de la parité de l'Ecole Doctorale : Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication (EDSTIC) de l'Université Côte d'Azur (UniCA) pour sa thèse en co-tutelle avec l’Université de Gênes en Italie (Josiane Zerubia, directrice de thèse, Inria et membre de F&S; G. Moser, co-directeur de thèse). Cette thèse a été soutenue le 17 décembre 2023. Un beau succès pour Martina ! La condition pour obtenir ce prix est que la thèse soit excellente (les 2 rapporteurs et le président du jury doivent la proposer pour le prix de la meilleure thèse de l'ED STIC). De plus, ce prix n'est attribué qu'`a une étudiante inscrite a l'ED STIC d'UniCA ayant une directrice de thèse.... d’où le nom "le prix de thèse de la parité". Site web de Martina Pastorino : ici < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Expo de 50 Audacieuses à La Casemate/Grenoble
Expo de 50 Audacieuses à La Casemate/Grenoble 17 avril 2023 La Casemate, Grenoble Sept Ambassadrices "La Science taille XX elles" de l'expo de Grenoble s'affichent plus d'un mois chez les Audacieuces à la Casemate de Grenoble. Du 18 avril au 30 mai à La Casemate , une exposition "Femmes & Sciences" est en place : les panneaux du prix Nanoelec, les panneaux de l'éditathon réalisés par les étudiant·es de Brassart, plusieurs des capsules audio des Audacieuses ainsi que 7 roll-ups de la Science taille XX elles (ceux de Émilie Capron, Homaira Nawabi, Maïca Clavel, Maria Eletta Negretti, Séverine Louvel, Anne Socquet, Laura Pruszko et Céline Coutrix). @ LaCasemate < Précédent Voir tout l'agenda Suivant >
- Mylène Rozelier
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Mylène Rozelier Électrotechnicienne et automaticienne « Dans ce métier, on ne s’ennuie jamais, chaque journée réserve de nouvelles surprises, bonnes ou mauvaises. » Mylène Rozelier est électrotechnicienne et automaticienne à l'Institut Pascal (UMR 6602, UCA/CNRS) et à l’école d’ingénieur·es SIGMA Clermont, membre de Clermont Auvergne INP. Au sein de la plateforme mécanique, elle assure la maintenance des équipements et machines, le soutien technique au corps enseignant et à la communauté étudiante. Connectée à leurs besoins, elle est le « cerveau » des systèmes automatisés ! La méthode essai-erreur, Mylène Rozelier connaît bien, elle l’expérimente depuis la seconde ! Qu’elle obtienne un baccalauréat scientifique, sa mère adorerait, seulement voilà, Mylène Rozelier n’est pas suffisamment attirée par les mathématiques. Un baccalauréat technique correspond mieux à son envie d’exercer un métier manuel. L’électronique et la mécanique ? Ce n’est pas son domaine de prédilection. Elle choisit donc d’intégrer une première électrotechnique où elle découvre l’automatisme. C’est la révélation. Suit un BTS domotique : nouvelle erreur, elle ne s’y plait guère. Puis un BTS technico-commercial, troisième déconvenue : ce métier n’est absolument pas fait pour elle. Un peu dégoûtée par les études, elle décide de faire une pause… salutaire. À vingt-cinq ans, elle trouve enfin sa voie : la maintenance industrielle. La jeune femme décide de reprendre des études en alternance. Le domaine est exclusivement masculin ? Elle n’en a cure, ce n’est pas tous les jours qu’on retrouve son premier amour, l’automatisme ! Et cette fois, pas question de le quitter. On pourrait comparer un système automatisé au corps humain : les actionneurs sont les membres, les capteurs représentent les sens, le courant électrique circule comme le sang et l’automate, c’est le cerveau ! Le rôle de Mylène Rozelier dans tout ça ? Connecter l’automate à chaque capteur et actionneur pour qu’ils communiquent, puis coordonner et optimiser leurs mouvements dans le programme. Un bon équilibre en somme, entre réflexion et manipulation, exactement ce qui plaît à Mylène Rozelier. Si on ajoute un écran au système, on élargit la connexion : la machine communique avec l’être humain. La programmation doit alors tenir compte de cette interaction, ce qui est un vrai casse-tête car les réactions humaines sont imprévisibles ! « Ce que je préfère, c’est le cheminement et la réflexion pour prendre en compte tous les aléas du système et anticiper les comportements des utilisateurs. » Lorsqu’un projet arrive à son terme, la phase de vérifications et de tests débute et se solde par une satisfaction et un peu de fierté personnelle. Ce type de projets requiert une grande autonomie et de la patience. Le monde des machines est plaisant, mais rien ne remplace le contact humain. Le service, entièrement masculin, au sein duquel Mylène Rozelier est parfaitement intégrée, gravite autour d’elle. Sa place est centrale : elle est régulièrement appelée à l’aide pour réparer ou dépanner les machines de la plateforme. L’électrotechnicienne collabore aussi avec ses collègues pour la gestion des stocks, l’organisation et la vie de l’atelier. Référente technique sur plusieurs projets d’étudiantes et d’étudiants, elle aime transmettre ses connaissances et savoir-faire aux futur·es ingénieur·es. Toujours disponible et à l’écoute de l’ensemble du personnel, elle n’hésite pas à mettre ses projets de recherche de côté pour le bon déroulement des travaux pratiques. « Dans ce métier, on ne s’ennuie jamais, chaque journée réserve de nouvelles surprises, bonnes ou mauvaises. Parfois je m’apprête à commencer une tâche, quand un·e collègue ou un·e professeur·e vient m’appeler au secours, sa machine étant en défaut. Je dois donc intervenir au pied levé et mon projet n’est alors que partie remise ! »
- Edwige Seminara
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Edwige Seminara Ingénieure logiciel "Le cloud en tête" Edwige Seminara est Manager & Technical Lead pour la société Avanade France. Après un BTS en informatique de gestion, option développement d'applications, elle obtient une licence professionnelle en gestion informatique. Elle intègre ensuite l’EPSI Lyon et se spécialise dans les systèmes d’information et génie logiciel. Elle réalise l’intégralité de son parcours de formation en alternance dans diverses entreprises ce qui lui permet d’entrer très tôt dans le vif du sujet. « Comment devient-on ingénieure logiciel ? Comme tout le monde, avec de la rigueur, du travail et des diplômes. » Être une informaticienne, pour Edwige Seminara, c’est tout simplement être grande amatrice d'innovation, fan d'intelligence artificielle, passionnée de nuages (comprenez clouds), défenderesse de la diversité, leader des communautés techniques du monde entier (Microsoft MVP) et un peu geek. Pourtant, elle est entrée dans le dur du sujet tardivement. « J'avais arrêté mes études, une première scientifique, un bac littéraire ; j'ai fait des petits boulots pendant quatre ans. Quand j'en ai eu assez, j'ai repris cinq années d'études en alternance. J'étais la seule fille, et plutôt mal vue de mes camarades. Ça m'a motivée. J’ai voulu finir major de promo : j'ai fini major de promo. » Inconvénients et avantages d'être une informaticienne parmi des hommes ? Edwige Seminara a su prendre sa place. Au sein de l’entreprise où elle travaille actuellement, elle supervise et réalise l'évaluation des projets. Elle doit répondre à des besoins très spécifiques d’une clientèle de grandes entreprises type CAC40, en proposant des solutions globales : applications mobiles, avec ou sans objets connectés et informatique de gestion sous toutes les formes. Cependant, elle souligne l’existence de stéréotypes masculin/féminin qui perdurent. Ils sont en lien avec ceux que diffuse l'école et la société en général auprès des jeunes filles. « Magazines, jouets, ouvrages pédagogiques, il n'y en a pas assez qui permettent aux filles de se projeter dans des métiers de science ». Par ailleurs, depuis plusieurs années, Edwige Seminara suit de près des actions telles que l’Imagine Cup, un concours fortement soutenu par l'une des sociétés phares du logiciel. Ce type d’initiative permet de faire émerger des start-up, jeunes entreprises qui sont généralement beaucoup plus ouvertes à la parité et qui valorisent l’entrepreneuriat des jeunes filles. Edwige Seminara a pu observer à travers son expérience que les modes de pensée, masculin et féminin, peuvent effectivement différer, notamment en ce qui concerne l’anticipation. C’est heureux ! Edwige n’hésite pas à profiter de ces différences pour enrichir l'approche des projets sur lesquels elle travaille. « C'est avec la diversité que l'on atteint les meilleurs résultats. » Son domaine, en quelques mots : Edwige Seminara est en charge de la conception et de la mise en place d'architecture de solutions logicielles utilisant des objets connectés (Internet Of Things). Ces projets mettent en œuvre différents périphériques comportant plusieurs capteurs, produisant ainsi une grande quantité de données qu'il convient de récupérer, stocker et agréger de manière pertinente afin de permettre leur réutilisation par les algorithmes d'intelligence artificielle souhaités (détection sur image notamment).
- Clarisse Girault
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Clarisse Girault Ingénieure systèmes embarqués Mes lignes de code font battre le coeur des machines Clarisse Girault est ingénieure en systèmes embarqués chez Evolis, une entreprise basée à Beaucouzé, en Maine-et-Loire. Elle développe des logiciels embarqués destinés à piloter des imprimantes capables de personnaliser et d’encoder des cartes d’identification, telles que des cartes bancaires, des cartes étudiantes, des cartes d’identité, des permis de conduire. Elle conçoit ainsi le code informatique qui rend ces machines autonomes et intelligentes. Originaire d’Angers, Clarisse Girault y a effectué l’ensemble de sa scolarité. Bonne élève, elle développe très tôt un goût prononcé pour les disciplines scientifiques, en particulier les mathématiques et la physique. « J’aimais la logique et comprendre comment fonctionnent les objets électroniques, ce qu’il y a derrière ce que l’on utilise au quotidien. » Après un baccalauréat scientifique, elle intègre le cycle préparatoire de l’ESEO à Angers, une école d'ingénieurs des nouvelles technologies, puis se spécialise en systèmes embarqués. Elle débute sa carrière dans une start-up angevine avant de rejoindre le groupe Thales à Cholet pendant trois ans, puis Evolis, une entreprise spécialisée dans l'émission et la personnalisation de cartes d'identification, où elle travaille depuis quatre ans. Clarisse Girault intervient à toutes les étapes du cycle de vie du produit : étude des besoins, réflexion sur l’architecture logicielle, développement, phases de tests et suivi en production. «On peut comparer une machine à un corps humain : le processeur est le cerveau, les capteurs sont les sens et les moteurs les muscles. Le code permet à l’ensemble de fonctionner de manière coordonnée. Mon rôle est de donner vie à la machine. » résume-t-elle. Ce qui la motive particulièrement dans son quotidien professionnel est la résolution de problèmes complexes. « Quand un dysfonctionnement apparaît, je cherche à comprendre précisément pourquoi le système ne réagit pas comme prévu. » Parallèlement, elle participe régulièrement à des actions de médiation scientifique, de salons étudiants à l’accueil de stagiaires. Elle y présente un métier souvent méconnu, alors même que les systèmes embarqués sont présents dans la plupart des objets électroniques. « Derrière chaque appareil, même simple, il y a du code et des choix techniques. » Clarisse Girault souhaite contribuer à rendre visibles des parcours féminins dans les sciences et l’ingénierie. « J’aurais aimé, plus jeune, rencontrer des femmes ingénieures pour pouvoir me projeter. » Aujourd’hui, elle souhaite à son tour montrer que ces métiers ne sont « ni réservés à un genre, ni à un petit nombre », mais à toutes celles et ceux qui aiment comprendre, créer et résoudre des problèmes.












