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- Apolline Lecercle
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Apolline Lecercle Physicochimiste « Il n’existe pas de barrière insurmontable pour celles et ceux qui font du partage et de la détermination leurs alliés les plus précieux. » Apolline Lecercle est docteure ingénieure chez Michelin et marraine de l’association Elles bougent qui promeut les sciences auprès des jeunes filles. En science comme en sport, elle aime relever les défis et repousser les limites, mais en la jouant toujours collectif. Apolline Lecercle se souvient d’un tournant dans son approche des sciences. En 2012, la jeune femme, âgée de dix-neuf ans, est en stage au CERN, l’actuelle Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Fascinée par l’engouement et l’engagement de l’équipe de recherche passionnée qui l’entoure, Apolline Lecercle ressort de cette expérience changée mais aussi convaincue : elle aussi sera docteure en thèse. Suit une nouvelle rencontre décisive à l’INSA de Lyon (Institut National des Sciences Appliquées) avec… la corrosion ! Le courant passe instantanément : « Les oxydes c’est joli, c’est assez gracieux. On s’est tout de suite bien aimées, la corrosion et moi », raconte-t-elle avec amusement. Quand Michelin lui propose de faire de la corrosion son sujet de thèse, elle accepte immédiatement. Passionnée par le sport, elle adore relever les défis et cet abord des sciences par la pratique lui correspond bien. Après sa thèse soutenue en 2018, elle intègre le groupe Michelin en tant qu’experte corrosion. Cinq ans plus tard, nouveau challenge : Apolline Lecercle quitte son poste d’experte corrosion pour se lancer dans la conception de matériaux polymères. Au quotidien, elle accompagne doctorant·es, alternant·es et stagiaires et participe activement à créer du lien entre les individus qui gravitent autour d’elle, mettant ainsi un point d’honneur à privilégier toujours la réussite collective. Ce qui l’anime, c’est cette envie de se dépasser pour les autres, d’avancer ensemble vers un objectif commun. Apolline Lecercle en est convaincue : la connaissance fait partie de ces choses qui nous font grandir lorsqu’on la partage. Un idéal qu’elle met en pratique au printemps 2023, en participant à un projet solidaire fou : le raid Amazones en binôme. Durant cette aventure de dix jours, elle allie sport et sciences, repoussant ses limites sur un vélo, un canoë ou dans ses chaussures de trail, tout en partageant son goût des sciences avec ses concurrentes et la jeunesse sri-lankaise. Devenue depuis marraine de l’association Elles Bougent, qui met en avant les sciences auprès des jeunes filles, l’ingénieure énergique en est la preuve : « On peut être une femme et une scientifique impliquée et reconnue, une femme et une sportive assidue et engagée. Il n’existe pas de barrière insurmontable pour celles et ceux qui font du partage et de la détermination leurs alliés les plus précieux. »
- Margaux Brégère
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Margaux Brégère Statisticienne pour les systèmes électriques « Prévoir la consommation au plus près pour optimiser la gestion du réseau électrique bas carbone et éviter le black-out. » Professeure associée au Laboratoire de Probabilités, Statistique et Modélisation (LPSM, CNRS/Sorbonne Université/ Université Paris Cité), Margaux Brégère partage son temps entre la recherche académique et celle en entreprise, au sein d’EDF. Son métier : créer des algorithmes pour gérer au mieux notre système électrique. À quels métiers mènent les mathématiques ? Au collège et au lycée, Margaux Brégère n’imaginait que celui de ses enseignants, dans lequel elle ne se projette pas. Si elle s’engage dans la voie scientifique, c’est d’abord pour devenir vétérinaire. Mais elle aime tellement les maths qu’elle se dirige finalement vers une école d’ingénieurs puis, pour approfondir encore plus, vers un master de recherche en mathématiques appliquées aux sciences du vivant. Car si se plonger dans des formules la passionne, la jeune femme souhaite avant tout agir concrètement sur le réel, en particulier dans un domaine qui a du sens pour elle : l’environnement. C’est aussi la raison qui la pousse à faire une thèse au sein d’EDF. Elle développe alors des algorithmes pour piloter la consommation électrique, c’est-à-dire la superviser et l’ajuster en temps réel. En effet, dans la mesure où l’électricité ne peut pas être stockée efficacement à grande échelle, il faut maintenir à chaque instant l’équilibre entre la production et la consommation, en y intégrant le plus possible des énergies renouvelables. Dans un contexte de transition énergétique et d’explosion de l’intelligence artificielle, ce défi apparaît à Margaux Brégère comme extrêmement stimulant sur le plan scientifique, tout en s’inscrivant dans des enjeux environnementaux majeurs et une logique de service public. Après sa thèse, elle intègre une équipe d’EDF mais souhaite garder un pied dans la recherche académique et devient professeure associée à Sorbonne Université. Ce statut lui permet non seulement de tisser des liens entre public et privé, mais aussi de mettre les modèles théoriques à l’épreuve des données réelles. La chercheuse analyse l’évolution des comportements des consommateurs après, par exemple, des changements de tarifs ou une campagne de sensibilisation. Elle travaille aussi sur le pilotage d’équipements, comme la mise en route de chauffe-eaux ou la recharge de voitures électriques. Avec toujours le même objectif : prévoir la consommation au plus près pour optimiser la gestion du réseau électrique bas carbone et éviter le black-out.
- Isabelle Billard
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Isabelle Billard Physicochimiste "De nombreux milieux, autres que celui du domaine scientifique, sont encore difficiles d’accès aux femmes. C’est le cas du monde des échecs, avec seulement 17% de femmes (en France). En tant que présidente de l’Échiquier grenoblois, et ancienne présidente de l’association Échecs&Mixte !, je tente de faire évoluer les choses. Ma nomination en juin 2021 à la présidence de la commission “mixité” de la Fédération Française des Échecs est un pas dans la bonne direction. Les esprits valent ce qu’ils exigent." Isabelle Billard est directrice de recherche CNRS au Laboratoire d’électrochimie et de physicochimie des matériaux et interfaces (LEPMI - CNRS / UGA - Grenoble INP-UGA / USMB). Elle travaille au sein du groupe “recyclage, valorisation et seconde vie”. Petite, quand Isabelle Billard demande pourquoi certains ont les yeux bleus et elle marron, ses parents adaptent leurs explications de l’hérédité à son âge mais quand elle leur demande pourquoi il faut dire bonjour ou mettre la fourchette à gauche de l’assiette, ils répondent simplement «parce que », ce qui l’agace prodigieusement. Ces « parce que » vides de sens lui donnent envie de faire des sciences pour avoir toujours une vraie réponse. À vingt ans, elle adore les mathématiques qui décrivent le monde et sont si élégantes. En école d’ingénieurs, la physique du solide la déçoit, par son absence de fantaisie. En thèse, elle découvre le joyeux désordre qui règne dans les liquides mais qui est cependant décrit par les mathématiques et elle sait alors qu’elle veut étudier la physicochimie des liquides. Isabelle Billard tente de recycler les métaux présents dans les objets du quotidien ou dans les déchets industriels : nickel et terres rares dans les aimants des éoliennes, batteries des téléphones portables, platine et cobalt des piles à combustible des voitures à hydrogène, chrome et fer des déchets d’aciérie. Pour cela, elle cherche des méthodes d’extraction liquide-liquide peu dommageables pour l’environnement et peu coûteuses pour les industriels. Il faut expérimenter pour un métal unique, puis comprendre pourquoi ça marche ou pas, en utilisant les mathématiques qui décrivent la chimie et enfin vérifier dans un cas réel. Elle adore se confronter à la difficulté du cas réel qui lui rappelle toujours que rien n’est jamais gagné. Son métier est différent tous les jours, avec ses surprises et ses déceptions. La routine n’existe pas, elle ne s’ennuie jamais.
- Sciences, un métier de femmes ! 2023
Sciences, un métier de femmes ! 2023 © Leah Touitou 7ème édition de la journée "Sciences, un métier de femmes !" le 30 mars 2023 pour les lycéennes de l'Académie de Lyon La journée Sciences, un métier de femmes ! revient en 2023 pour la 7ème année consécutive, une journée de rencontre spécifiquement dédiée aux lycéennes de l'Académie de Lyon. Le but de cette journée est de les inciter à choisir des voies qui les conduisent, elles aussi, aux postes scientifiques et technologiques les plus qualifiés. Depuis 2017, le succès a démontré la pertinence de s’adresser directement aux lycéennes et que le manque de références féminines dans le monde scientifique a un impact énorme sur la représentation qu’ont les jeunes filles de la place des femmes dans les sciences. L’idée est de montrer par l’exemple que tous les métiers scientifiques sont mixtes. Au cours de la journée, les lycéennes rencontrent des jeunes femmes scientifiques, exerçant des métiers variés, jeunes femmes auxquelles les lycéennes pourront ainsi s’identifier et se référer comme modèles. Ces marraines viennent témoigner de la diversité de leur profession et de leurs parcours d’étude et démontrer que les femmes peuvent accéder à tous les métiers scientifiques et technologiques. Liens : Compte-rendu en BD de la journée "Sciences, un métier de femmes!" 2022 En savoir plus sur les éditions précédentes < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Marianne Blanchard
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Marianne Blanchard Sociologue "Si c'est une fille... scientifique" Marianne Blanchard est sociologue, maîtresse de conférence à l’Université Toulouse – Jean Jaurès depuis 2013. Elle enseigne à l’École supérieure du professorat et de l’éducation Midi- Pyrénées (ESPE) ; elle est chercheuse au Centre d’étude et de recherche travail organisation pouvoir (CERTOP – CNRS ; Université Toulouse – Jean Jaurès ; Université Toulouse III – Paul Sabatier ; CEREQ Marseille ; Toulouse INP ; INU Champollion). Ses travaux portent sur les questions relatives au système éducatif. Depuis quelques années, Marianne Blanchard s’intéresse à l’orientation des filles et des femmes vers les études scientifiques. Elle a ainsi entrepris une recherche sur les classes préparatoires scientifiques en interrogeant 2 200 élèves de ces formations, réparties dans toute la France, sur leurs aspirations scolaires et professionnelles. Les travaux de son équipe ont mis en évidence des différences qui existent encore à ce niveau d’étude entre filles et garçons : celles-ci n’envisagent pas d’intégrer les mêmes secteurs professionnels que leurs camarades masculins et tentent aussi moins fréquemment les concours d’entrée des écoles d’ingénieur.e.s les plus prestigieuses. Plus récemment, elle a débuté une étude dans deux lycées toulousains visant à saisir la façon dont évoluaient, au fil du temps, les rapports aux différentes disciplines – particulièrement les disciplines scientifiques – et les projets d’orientation des élèves, en seconde générale et technologique, puis en filière scientifique (classe de 1reS). Là encore, l’un des enjeux est de mettre en évidence les différences entre filles et garçons, cette fois de manière dynamique. Loin de ramener à des dispositions innées, les recherches existant sur le sujet montrent que ces différences s’expliquent par de multiples facteurs sociaux, impliquant à la fois l’éducation reçue au sein de la famille, les interactions entre pairs, celles avec les enseignant.e.s mais aussi les représentations associées aux sciences. Les travaux de Marianne Blanchard contribuent à mieux comprendre comment ces facteurs agissent concrètement, s’articulent entre eux et produisent des différences d’accès en fonction du sexe, aux études et emplois scientifiques.
- F&S marraine du projet "Hypatie pour la Tour Eiffel"
F&S marraine du projet "Hypatie pour la Tour Eiffel" Un projet d'inscrire au deuxième étage de la tour Eiffel le nom de 40 femmes scientifiques éminentes - astronomes, mathématiciennes... Ce projet a été dévoilé à l'Observatoire de Paris, à l'occasion d'une éclipse partielle du Soleil, le 25/10/2022. Tout commence un jour au 1er étage de la Tour Eiffel quand une touriste américaine s’étonne devant les 72 noms de savants écrits en très grandes lettres capitales dorées : "Il n’y a pas Marie Curie" ? Le jeune guide rappelle qu’à l’inscription de ces noms célébrant la science et le progrès, cent ans après la Révolution de 1789, la célèbre physicienne n’avait que 22 ans et devrait encore attendre quatorze ans avant de recevoir le premier de ses deux prix Nobel. Mais la question lui trotte dans la tête. Pourquoi seulement des hommes… Et on retrouve aujourd’hui Benjamin Rigaud comme président de l’association « Défis Sorbonne » qui se démène pour "continuer le rêve de Gustave Eiffel" avec le projet baptisé « Hypatie pour la Tour Eiffel ». Objectif, inscrire 40 noms de femmes scientifiques au deuxième étage du monument français emblématique par excellence. Moins de noms égrenés que les hommes ? Oui, mais plus haut ! Et ce, pour faire sortir de l’ombre des femmes exemplaires qui, au fil des siècles, ont été astronomes, mathématiciennes, médecins… mais dont la mémoire a été effacée et les noms occultés. Extrait de l'article rédigé par Dominique Leglu, Directrice éditoriale à Sciences et Avenir et membre du Conseil d'Administration de F&S Pour lire la suite, c'est ici . < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Mendeleieva à "Tu peux pas test"
Mendeleieva à "Tu peux pas test" 6 juin 2023 13 rue Santeuil, 75005 Paris F&S présentera le jeu Mendeleieva lors d'une après-midi joyeuse et collective d’expérimentation à Paris. F&S présentera le jeu Mendeleieva le mardi 6 juin de 14h00 à 18h00 à Césure - 13, rue Santeuil 75005 Paris - lors d'une après-midi joyeuse et collective d’expérimentation à la croisée entre inclusion et fabrication. Césure qu'est-ce que c'est ? Un nouveau tiers-lieu axé sur la transmission des savoirs et savoir-faire, situé dans l’ancien campus de Sorbonne-Nouvelle Censier. Ce site devient un vaste espace de travail pour plus de 190 structures occupantes et 2000 étudiant·es et un terrain d’expérimentation pour inventer de nouvelles manières d’apprendre les un·es des autres. Qu'est-ce qu'il se passe le 6 juin ? Une dizaine de collectifs gravitant dans les mondes de l'inclusion, de la fabrication, et du numérique dont Femmes & Sciences, partagerons les initiatives qu'elles mènent dans l'année. Venez nombreux·ses le 6 juin à partir de 14h00 ! © E'FABRIK (TRACES) < Précédent Voir tout l'agenda Suivant >
- Corinne Augier
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Corinne Augier Physicienne "Du côté obscur de la matière" Corinne Augier est professeure de l’Université Claude Bernard Lyon 1, membre de l’Institut de physique des deux Infinis de Lyon (IP2I, Lyon1 / CNRS). Après un bac technique suivi d’études à la faculté d’Orsay, elle obtient un magistère en physique. Suite à une thèse dans un laboratoire de l'École Polytechnique sur l'étude de la diffusion élastique proton-antiproton, elle obtient un poste de maîtresse de conférence à Orsay puis un poste de professeure à Lyon où elle travaille actuellement depuis dix ans. Tout a commencé quand elle était enfant, avec la lecture. Au point qu’elle envisage dans un premier temps de devenir bibliothécaire. À quinze ans, elle change ensuite de direction « j'ai lu un article sur la tomographie à émission de positrons. Ça m'a fascinée que l'on puisse utiliser les particules et le nucléaire pour la médecine, alors je me suis dirigée vers les sciences. Ma famille était fière, mais dubitative et, quelques années plus tard, pas un n'a lu ma thèse. » Aujourd’hui, Corinne Augier aime transmettre. Elle aime répondre aux questions des cent cinquante étudiants de son amphi. « Mon double métier d’enseignante-chercheuse nourrit ma vocation. J'enseigne la physique, de la physique générale en licence à la physique plus spécialisée en master. Et je fais de la recherche sur la matière noire, la Dark Matter de l'Univers. Corinne Augier se perçoit comme une chercheuse curieuse. « Et quand on cherche, parfois on trouve. On arrive même, comme ces chasseurs d’images, à traquer les particules qui nous entourent, qui nous traversent, même si ce ne sont pas encore celles qui constituent la matière noire. » Les détecteurs de particules qu'utilise Corinne Augier sont tout petits, très performants, refroidis à une température proche de moins 273 degrés Celsius, la plus basse température qu’on puisse atteindre physiquement. Ils peuvent ainsi mesurer une infime variation de température, au millionième de degrés près. » « Les énergies que nous voulons mesurer, précise-t-elle, ont la même gamme d'énergie que les particules qui nous entourent, celles de la radioactivité naturelle, ou encore les rayonnements cosmiques dont il faut savoir s'isoler pour qu’ils n’interfèrent pas avec nos expériences. » Pour s’isoler, Corinne Augier travaille régulièrement au Laboratoire souterrain de Modane, sous la montagne du tunnel du Fréjus, ce qui bloque un maximum de rayonnements – par exemple les muons cosmiques, grands frères des électrons – et permet de faire des mesures sans interférences. L'équipe de recherche de Corinne Augier s'appelle Edelweiss, acronyme d'Expérience de Détection des WIMPs en site souterrain. Les WIMPs sont des particules hypothétiques constituant peut-être une solution au problème de la matière noire. Son domaine, en quelques mots : Corinne Augier s’intéresse à la physique des astroparticules, lien entre infiniment petit et infiniment grand. Son expérience, Edelweiss, cherche à comprendre la nature de la Matière Sombre de l’Univers et de quelles particules encore inconnues elle est constituée, grâce à l’interaction de ces dernières dans des détecteurs fonctionnant à ultra basse température. Un petit détour vers le côté obscur ? Les femmes ont donc la tête faite pour la physique autant que les hommes, regardez Marie Curie ou Vera Rubin. Et si un chercheur fait du mauvais esprit, aujourd'hui les chercheuses peuvent se défendre. « La parité n'existe pas encore en physique ni même en biologie même si les femmes y sont plus nombreuses. Et encore moins chez les professeurs d’université : une scientifique maîtresse de conférence, oui ; mais professeure, non… en tout cas pas assez. » Corinne Augier relativise toutefois, « les physiciens ne s'étonnent plus qu'il y ait des physiciennes avec eux. Dans mon laboratoire, les femmes ont le pouvoir. À Lyon ou sous la montagne, la force est avec nous ! »
- Accueil des femmes afghanes
Accueil des femmes afghanes © AdobeStock Des femmes afghanes universitaires, diplômées ou étudiantes, sont actuellement en grand danger. Nous appelons à les accueillir en France ou en Europe. (Mise à jour le 18/12/2021) A partir du 1er janvier 2022 la plateforme de l'association Femmes & Sciences pour la défense des femmes afghanes scientifiques change d'objectifs : elle sera dédiée à l'accueil des femmes afghanes scientifiques exilées arrivant en France. Contact : soutenir.afghanes@femmesetsciences.fr Ces femmes afghanes représentent tout ce que le régime actuel souhaite éliminer : ce sont des femmes qui travaillent et qui contribuent à l’éducation, à la recherche et à la vie économique. Ce sont des modèles pour les générations d’Afghanes à venir. Nos collègues afghanes sont en danger de mort. Nous sommes à la 25è heure, mais nous devons les aider. Elles sont en grave danger, elles ne peuvent plus travailler sous le régime actuel et elles sont physiquement menacées. C’est notre devoir de faire tout notre possible pour protéger celles qui représentent nos valeurs. Chacune, dans nos universités, nos écoles et nos entreprises, nous sommes prêtes à identifier des départements d’accueil, à les accompagner pour bénéficier du programme PAUSE ou d’autres programmes, à les aider à retrouver du travail, à persuader nos présidentes ou présidents, nos directions et nos collègues de se battre pour les accueillir le mieux possible et leur offrir un environnement de travail qui leur permette de poursuivre leurs études pour les étudiantes, leurs recherches et leurs enseignements pour les universitaires, de poursuivre leur carrière professionnelle pour les diplômées. Nous appelons toutes les personnes qui connaissent des étudiantes, des diplômées et des universitaires afghanes à entrer en contact avec nous et à nous fournir les informations qui nous aident à les identifier, à demander leur exfiltration et à préparer leur accueil dans nos universités ou nos entreprises. Nous appelons toutes et tous les collègues qui souhaitent nous aider et contribuer à les sauver à nous indiquer quels départements, quelles universités ou quelles entreprises sont prêtes à accueillir ces étudiantes, ces professeures ou ces diplômées. Nous appelons le gouvernement et les services de l’État à nous aider à faire sortir ces collègues d’Afghanistan et à leur accorder l’asile en France. < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Charlène Pelé-Meziani
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Charlène Pelé-Meziani Physico-chimiste Je préserve notre patrimoine grâce à la science Charlène Pelé-Meziani est ingénieure en sciences du patrimoine au laboratoire Arc’Antique du département de Loire-Atlantique. Depuis 20 ans, elle cherche à percer les mystères des objets d’art et du patrimoine en étudiant leur matière. Des indices qui permettent tant de reconstituer leur histoire que de pouvoir mieux les restaurer. “Plus jeune, j’étais passionnée par la chimie et l’archéologie. Je ne pensais pas qu’on pouvait allier les deux !” . Après son bac et une année de césure, Charlène Pelé-Meziani intègre en 2006 un BTS Chimie en alternance au laboratoire Arc’Antique, spécialisé dans l' étude et la conservation-restauration des objets archéologiques terrestres et sous-marins, avant de poursuivre en école d’ingénieurs au CESI de Saint-Nazaire. “J’ai toujours voulu chercher à comprendre la matière, en quoi et comment les objets étaient faits, à connaître leur histoire ”. D’abord technicienne, elle devient ingénieure puis responsable adjointe du laboratoire, où elle conjugue aujourd’hui recherche, management et actions de médiation. Charlène Pelé-Meziani étudie des objets patrimoniaux uniques, principalement en bois ou en métal. Issus de fouilles archéologiques terrestres ou sous-marines, ils couvrent des périodes très variées : statuettes égyptiennes vieilles de plus de 4 000 ans, vestiges du front de la Seconde Guerre mondiale ou encore objets découverts dans les fonds marins. Elle analyse également les sédiments associés, qui livrent de précieuses informations sur leur enfouissement. Ses recherches permettent de déterminer ou confirmer l’époque, l’origine et la composition des matériaux et des pigments, souvent altérés par le temps. Au quotidien, elle utilise des techniques d’analyse les moins invasives possibles, comme la microscopie électronique à balayage. “Il suffit d’un échantillon de la taille d’une tête d’épingle, parfois de quelques millimètres pour en connaitre sa composition. “ . L’enjeu : accompagner les musées dans la restauration de ces objets inestimables. « Mon métier repose sur des collaborations interdisciplinaires où la combinaison de nombreuses compétences permet d’aller au-delà de l’analyse de ces objets. » Charlène Pelé-Meziani revendique son parcours en alternance : “L’apprentissage n’est pas une voix de garage ! ” Engagée pour la transmission et la diversité dans les sciences, elle souhaite aussi faire connaître la dimension scientifique du patrimoine et encourager les vocations : “La science n’est heureusement pas une question de genre. Foncez ! Il faut avoir confiance en ses choix. On a cru en moi, alors à mon tour de transmettre l’énergie qui m’a accompagnée jusqu’à aujourd’hui .”
- Intervention au Collège de Créon
Intervention au Collège de Créon © Chloé Intervention de 4 adhérentes de Femmes & Sciences devant 100 élèves du collège de Créon. Une intervention réussie, Mercredi 1 mars, devant 100 élèves du collège de Créon, avec Louise, Florence, Josianne, Chloé. Voici le retour adressé par la professeure qui a sollicité l'association : "Vous avez passionné l'auditoire et maintenir l'attention de 100 élèves dans un amphi, ce n'est pas simple. Vous avez superbement représenté l'association Femmes & Sciences grâce à votre dynamisme et votre proximité avec les élèves. Cela ouvre forcément des perspectives à quelques uns ou unes d'entre eux ..." Bravo à elles ! < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Valérie Castellani
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Valérie Castellani Biologiste "Un petit pas pour la recherche, un grand pas pour les bébés" Valérie Castellani est directrice de recherche CNRS, elle dirige l'équipe Neuro-développement, cancer et signalisation à l'Institut NeuroMyoGène de Lyon (INMG, Lyon1 / CNRS / Inserm). Spécialiste en biologie du développement, elle s'intéresse aux communications moléculaires entre les cellules et leur micro-environnement dans l'embryon. Elle est également la fondatrice de la start-up OncoFactory. En 2018, elle obtient la médaille de l’innovation du CNRS. « Travailler dans la recherche fondamentale pour étudier et combattre un cancer pédiatrique : le neuroblastome. » Comment le système nerveux se forme dans l'embryon ? Valérie Castellani a choisi cette thématique au fil de ses rencontres, scientifiques ou non, pour finalement conduire des recherches fondamentales axées sur la compréhension des mécanismes cellulaires et moléculaires qui sous-tendent la génération des neurones dans l’embryon, leur migration et leur maturation pour former les structures nerveuses. Ses recherches ont permis de développer diverses approches expérimentales qu’elle transfère alors à la problématique des cancers pédiatriques. L’objectif est d’aborder la tumorigenèse et la dissémination métastatique sous l’angle de la biologie du développement et des interactions spécifiques des cellules tumorales avec leur micro-environnement immature. Le bébé est en effet un être en pleine construction, et bien différent d'un adulte, ce qui confère nécessairement aux cancers pédiatriques des caractéristiques uniques. Dans le cadre d'OncoFactory – start-up créée en 2016 avec Céline Delloye Bourgeois – Valérie a développé une technologie qui permet la reproduction des tumeurs des patients dans des modèles in vivo afin d'évaluer et de prédire l'efficacité des candidats-médicaments. « Curieuse d'esprit, j'aimais me poser des questions, résoudre des problèmes. Travailler dans un contexte qui dépasse un peu l'individu me semblait avoir une dimension universelle. » L'universalité, ne serait-ce pas aussi clarifier l'image des femmes dans la recherche ? « La recherche est un monde passionnant dans lequel les jeunes filles ont toute leur place » affirme Valérie Castellani. « Les femmes scientifiques peuvent pleinement exercer leur métier, de la même façon qu'un homme, tout en ayant des enfants, mais, précise-t-elle, ce qui limite la progression de la carrière des femmes, c'est qu'elles se censurent, parce qu’elles ont besoin de se sentir légitimes. Quant aux hommes, ils les déconsidèrent parfois professionnellement parce qu’elles ne font pas les mêmes choix d’arrangement carrière/famille. Plus tard, le déséquilibre se creuse dans les postes à responsabilité. Les femmes qui vont aujourd'hui vers ces métiers-là doivent avoir la possibilité d'accéder aux mêmes évolutions de carrière que celles des hommes. » C’est ce qu’essaient de mettre en place les établissements d’enseignement supérieur et de recherche en impulsant des politiques d’égalité hommes-femmes. « Suivez vos envies, conseille Valérie Castellani aux lycéennes, allez là où votre curiosité vous porte, les métiers de la recherche sont des métiers passionnants ; vous avez toute votre place dans ce monde-là. Il faut oser, ne pas se limiter et surtout ne pas douter de vos capacités. » Son domaine, en quelques mots : Contrôle des divisions et migrations cellulaires dans l’embryon par les signaux de topographie - L’embryon est le siège de processus spectaculaires de multiplication et de migration cellulaire qui transforment un amas initial de cellules en un organisme extrêmement complexe et organisé. Le dérèglement de ces mécanismes développementaux peut aboutir à la formation de cancers et à la dissémination des cellules cancéreuses dans l’organisme. Valérie Castellani étudie les dialogues des cellules avec leur environnement, pour comprendre la formation de l’embryon et les dérèglements à l’origine de cancers pédiatriques.












