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Wissal Sabbagh

© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences

Wissal Sabbagh

Mathématicienne

Faire parler l'incertitude pour mieux la maîtriser

Wissal Sabbagh est enseignante-chercheuse à l’Institut du risque et de l’assurance (IRA) et au Laboratoire manceau de mathématiques de Le Mans Université. Elle y enseigne les mathématiques appliquées et assure des responsabilités de coordination, de conseil et de suivi auprès des étudiantes et des étudiants. Au cœur de ses recherches : le développement d’outils et des modèles pour mieux comprendre et mieux maîtriser les risques, cyber comme climatiques.


« Les équations peuvent parfois sembler abstraites mais elles forment un langage universel ! » s’enthousiasme Wissal Sabbagh. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours adoré les mathématiques. Aujourd’hui, elle s’intéresse à la manière dont certains risques complexes, qu’ils soient climatiques, financiers ou cyber, peuvent être modélisés plus finement pour aider banques et assureurs à mieux les gérer – un domaine appelé l’actuariat. Le langage mathématique lui permet de mieux comprendre l’incertitude liée aux aléas et aux risques futurs et émergents.


Elle développe ainsi des modèles qui décrivent l’évolution du risque dans le temps et intègrent les interactions entre événements, comme la contagion d’attaques informatiques ou les effets en chaîne d’une crise financière. « Les risques climatiques sont, eux, particulièrement complexes à modéliser ». Ouragans, inondations, épisodes de grêle ou vagues de chaleur : alors qu’ils étaient considérés comme des événements rares jusqu’à peu, ils surviennent de plus en plus fréquemment et peuvent entraîner des dégâts considérables. « En faisant varier des paramètres, comme la température ou la trajectoire d’un ouragan, il s’agit de se rapprocher au plus près de la réalité pour modéliser les risques climatiques dans l’hexagone et en outre-mer mais aussi en Europe. » explique-t-elle.


Après avoir débuté son parcours universitaire en Tunisie, à la faculté des sciences de Monsatir, et suivi un master de recherche en modélisation mathématiques et calcul scientifique à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis, Wissal Sabbagh rejoint Le Mans Université pour sa thèse. Au cours de sa carrière, si elle s’est souvent retrouvée parmi les seules femmes, « je ne changerai rien à mon parcours » insiste-t-elle. Pour elle, il est nécessaire d’aller à la rencontre des jeunes filles dès le plus jeune âge afin de les encourager à s’intéresser aux mathématiques et leur donner à voir une autre facette de cette discipline : pas seulement celle qui consiste à résoudre des équations complexes mais « celle qui ouvre des voies, qui permet de se dépasser, de relever des défis ». Les sciences sont accessibles à toutes, d’où que l’on vienne et quelle que soit son histoire personnelle souligne Wissal Sabbagh. Elle souhaite ainsi offrir de nouveaux modèles auxquels s’identifier, comme l’a été pour elle la mathématicienne française Nicole El Karoui, pionnière des mathématiques financières.

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