
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences
Soizic Terrien
Acousticienne
Je mets le son en équations
Soizic Terrien est acousticienne au Laboratoire d’acoustique de l’Université du Mans [1]. Elle s’intéresse aux systèmes complexes qui produisent des sons par friction, comme les instruments à cordes ou à vent, et cherche à comprendre et prévoir leurs vibrations grâce à des expériences et des modèles mathématiques.
Soizic Terrien a grandi et suivi toute sa scolarité à Cholet, en Maine-et-Loire. Elle se passionne alors autant pour les sciences que pour la musique, qu’elle pratique assidûment à travers la flûte et le violon. Après un bac scientifique, elle s’oriente vers une licence de physique à l’université de Nantes. C’est là qu’elle découvre l’acoustique, la science du son, et surtout une manière évidente de faire dialoguer ses deux centres d’intérêt. À la fin de sa thèse, menée au Laboratoire de mécanique et d’acoustique de Marseille [2], Soizic Terrien part quatre ans en Nouvelle-Zélande avant de rentrer en France en 2018. Elle rejoint, en 2021, le Laboratoire d’acoustique de l’Université du Mans, où elle poursuit aujourd’hui ses travaux à l’interface entre mathématiques appliquées et acoustique.
Ses recherches portent sur des phénomènes dits auto-oscillants, omniprésents dans la nature et dans le corps humain. Le crissement d’un système de freinage, un doigt mouillé sur un verre ou encore la production de la voix humaine relèvent de ces mécanismes. “Je cherche à comprendre pourquoi ces phénomènes, soumis à une source d’énergie continue, produisent des sons si variés, et pourquoi de très faibles changements de paramètres peuvent entraîner de grandes différences sonores”. Pour cela, elle modélise ces phénomènes à l’aide d’équations mathématiques “afin de déterminer quels sont les ingrédients minimaux pour produire un son.” Pour un violon, l’ingrédient essentiel est le frottement : l’archet adhère à la corde, puis glisse, générant des variations brutales à l’origine du son. Soizic Terrien combine ainsi outils mathématiques, simulations numériques et expérimentations afin de cartographier les régimes sonores possibles. Les méthodes qu’elle développe pourraient, à terme, ouvrir de nouveaux champs d’application, notamment pour mieux comprendre des systèmes complexes présentant des transitions ou des basculements de régime, comme en climatologie.
[1] CNRS / Le Mans Université
[2] CNRS/Aix-Marseille Université/Centrale méditerranée
