
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences
Marie Coupé
Ingénieure recherche et développement industrielle
Innover pour demain, c'est ce qui me donne chaque jour de l'énergie
A l’Institut de recherche technologique Jules Verne, Marie Coupé pense et conçoit de nouvelles manières de fabriquer, à partir de matériaux innovants pour les énergies renouvelables de demain, les transports ou encore les avions du futur. Plus légers, résistants et avec un potentiel de recyclabilité, ces matériaux pourraient répondre aux enjeux de réduction des déchets industriels et transformer ceux qui restent en ressource.
Depuis un stage de 3e dans l’industrie, Marie Coupé nourrit un vif intérêt pour les innovations de demain. “J’ai très tôt été attirée par la possibilité de résoudre des problèmes de terrain, de trouver des solutions, de travailler sur des structures complexes”. Après un bac scientifique, puis un diplôme universitaire de technologie en génie mécanique, elle rejoint l’Ecole Centrale Nantes où elle s’engage dans un apprentissage en R&D dans une entreprise développant des outillages en matériaux composites.
Un matériau composite naît de l'assemblage d’au moins deux matériaux de nature différente, où les propriétés de l’un et de l’autre s'ajoutent. Il est ainsi constitué d'une ossature appelée renfort, assurant sa bonne tenue mécanique comme une fibre de verre ou de carbone, et d'une protection appelée matrice, généralement une matière plastique comme une résine thermodurcissable (difficilement recyclable) ou thermoplastique. De par leur légèreté, leur longévité et leur flexibilité, ces matériaux innovants sont de plus en plus utilisés dans l’industrie. “La question de leur impact environnemental se pose désormais”.
Depuis 2023 à l’IRT Jules Verne, Marie Coupé utilise ces composites dans les projets de recherche collaboratifs auxquels elle prend part. Elle a notamment participé au développement d’une pale d’éolienne unique en son genre : un prototype de 62 mètres, 100 % recyclable à toutes ses étapes de production. Car actuellement, les pales sont constituées de fibre de verre et d’une résine thermodurcissable. “Mais il est particulièrement complexe d’isoler les deux pour les recycler séparément”. Des défis qu’elle retrouve aussi dans l’aéronautique dont l’objectif est, entre autres, de remplacer l’aluminium afin de concevoir des avions plus légers et ainsi diminuer leur consommation de carburant. “J’ai bon espoir que d’ici 5 à 10 ans ce que nous développons passe à l’échelle industrielle ! »
Marie Coupé est aussi engagée dans l’association Elles bougent où elle a déjà pu présenter son métier à des lycéennes. Elle souhaite partager son expérience pour donner confiance aux jeunes filles qui pourraient hésiter. Du haut de son 1m90, elle veut les rassurer : “nos idées sont aussi pertinentes que celles de nos homonymes masculins. Alors allez-y, foncez ! Nous n’attendons que vous !”
