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- Trois journées « Sciences, un Métier de Femmes » dans le Grand Est
Trois journées « Sciences, un Métier de Femmes » dans le Grand Est 27 février 2025 4 mars 2025 Nancy, Strasbourg et Mulhouse Le succès de la journée "Sciences, un métier de femmes" du 15 mars 2024 a motivé les adhérentes de Femmes & Sciences Grand Est à élargir le champ d'action de cette journée. En 2025, trois nouveaux évènements seront organisés par l’association Femmes & Sciences Grand-Est, en partenariat avec IESF-ARISAL et les universités locales : l'Université de Lorraine, l'Université de Strasbourg et l’Université de Haute Alsace. Ainsi, plus de 540 lycéennes issues de 34 lycées du Grand Est participeront à une journée « Sciences, un métier de femmes » : - le 27 février à Nancy (lycées lorrains - à la FST de Vandœuvre-lès-Nancy - piloté par Emmanuelle Bignon, F&S, CR CNRS au LPCT), - le 3 mars à Strasbourg (lycées du Bas-Rhin - à l'UFR de Maths/Info sur le campus de l'Esplanade - piloté par Véronique Pierron-Bohnes, F&S, DR CNRS émérite à l'IPCMS), - le 4 mars à Mulhouse (lycées du Haut-Rhin - à la FST de l'UHA sur le campus de l'Illberg - piloté par Nicole Bomo, F&S, Présidente IESF Alsace, ingénieure retraitée d'EDF) - voir https://www.femmesetsciences.fr/grand-est-sciences-un-metier-de-femmes. Lauraline Feltz I https://www.lauraline.net/ < Précédent Voir tout l'agenda Suivant >
- Magali Magne
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Magali Magne Ingénieure en électronique « Si je devais résumer mon métier, je dirais que c’est un patchwork d’activités diverses. » Magali Magne est ingénieure d’étude en électronique au Laboratoire de Physique de Clermont (UMR 6533, CNRS/UCA). Depuis 2003, elle participe au développement et à l’installation d’appareils de mesures dans le domaine de la physique des particules. Son métier ? Elle le voit comme un jeu très sérieux, au service de la recherche. Elle s’en souvient encore, de ce badge clignotant, sa première création électronique réalisée en classe de cinquième. L’élève moyenne qu’elle était alors ne le savait pas encore, mais il allait la mener très loin… jusqu’au sommet d’un volcan au Nicaragua ou aux États-Unis sur un site d’accélérateur de particules où l’on trouve des microscopes pour mesurer l’infiniment petit ! Qui aurait pu croire qu’un simple projet de collège allait faire naître chez la jeune fille un irrésistible besoin de créer et de donner vie à des objets ? Cette passion naissante la mène en BTS électronique, puis à une carrière dans ce même domaine, jusqu’au service « Développement d’interface optoélectronique » chez Alcatel Optronics. Là, elle fait une rencontre décisive : celle d’un ingénieur de conception qui lui donne envie de reprendre ses études. Cette expérience lui confirme qu’elle aussi veut concevoir, avec une spécialisation dans l’électronique ! Car bricoler, inventer, créer, elle le fait depuis longtemps, à travers le patchwork. Au milieu d’un joyeux méli-mélo de bobines de fils et de bouts de tissus, elle imagine des ouvrages à son image, où lignes droites et courbes se rencontrent. Une passion pas si éloignée de son envie de créer en électronique. « Aujourd’hui, je conçois pour la recherche des appareils qui n’existent pas, du moins pas encore », dit-elle avec malice. Et pas dans n’importe quel domaine de recherche : celui de la physique des particules, de l’infiniment petit, où les équipements sont paradoxalement très grands ! Et les projets sont tout aussi gigantesques, rassemblant des centaines, voire des milliers de personnes. Notre ingénieure d’étude est l’une d’elles. Quand des physiciennes et physiciens ont besoin d’un équipement spécifique pour réaliser des expériences en physique des particules, elle le réalise selon leurs souhaits avec le support d’ingénieur·es et de technicien·nes. Ses collaborateurs et collaboratrices œuvrent dans des domaines très variés tels que la mécanique, l’informatique et l’électronique. Pour l’électronique, elle doit optimiser la conception du système en fonction de multiples contraintes : budget, temps, fonctionnalités, composants existant sur le marché… Puis il faut tout assembler : « C’est comme un jeu de lego ! », s’amuse l’électronicienne. Et enfin, vient le moment de programmer. Devenu intelligent, « le lego doit faire ce qui a été défini au début. Le but est que cela fonctionne mais c’est souvent un casse-tête ! » C’est le genre de défi qu’elle relève avec plaisir. Une fois le jeu de logique terminé, l’ingénieure saute dans ses chaussures de sécurité et enfile son bleu de travail pour descendre à 100 mètres sous terre dans une caverne du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), situé sur la frontière franco-suisse, pour crapahuter sur des échafaudages, installer, tester et faire fonctionner les équipements qu’elle a participé à concevoir. « Si je devais résumer mon métier, je dirais que c’est un patchwork d’activités diverses et que ça me convient plutôt bien. Que j’aime relever les défis, que cela tombe bien car chaque nouveau projet m’en propose un, parfois simple, parfois complexe. Que c’est justement cela qui est amusant. » Son prochain projet la mènera-t-il au bout du monde ou de l’autre côté du couloir ? Qu’importe, elle sent déjà clignoter au fond d’elle une furieuse envie d’aller voir…
- Florence Sèdes, l’une des têtes chercheuses citées dans La Dépêche
Florence Sèdes, l’une des têtes chercheuses citées dans La Dépêche © La Dépêche À l’occasion de la Fête de la Science, en octobre 2022, le magazine MIDI de La Dépêche invitait à découvrir quatorze parcours de scientifiques à travers l’Occitanie. Florence Sèdes, professeure en informatique - chercheuse à l'IRIT - membre du Conseil d'Administration de F&S, a évoqué son parcours. Un grand-père catalan, ponctuant l'histoire du soir de messages en morse à décoder, a éveillé le destin de cyber-chercheuse de Florence Sèdes. Professeure en informatique et chercheuse à l'IRIT, elle est vice-présidente responsabilité sociétale de l'Université Toulouse III : en clair, il s'agit de "mettre en place des actions favorisant l'égalité femmes-hommes, luttant contre les discrimination et œuvrant pour la transition énergétique". Engagée dans l'association Femmes & Sciences, la chercheuse déplore "le faible pourcentage (10%) d'étudiantes en informatique et dans les sciences dures en général". Florence Sèdes décrypte les biais de l'intelligence artificielle - objet d'une exposition préparée pour Fermat-Sciences - dont l'algorithme, "codé par des informaticiens blancs de 50 ans", programme et propage les préjugés. Un exemple ? Le moteur d'Amazon excluait les CV des femmes, leurs titres n'étant pas reconnus. Spécialiste de cybersécurité et de protection des données personnelles, œuvrant à un "numérique raisonnable", elle alerte sur la masse de données individuelles captées par les GAFAM et qui font leur profits. Extrait de l'article, article complet accessible aux abonnés sur le site de La Dépêche < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Les femmes scientifiques à l'honneur à la mairie de Paris
Les femmes scientifiques à l'honneur à la mairie de Paris 8 novembre 2021 30 novembre 2021 Mairie de Paris (à l’angle des rues de Lobau et Rivoli) Du 8 au 30 novembre, venez découvrir les 48 photos de l’exposition « La science taille XX Elles ». Preuve que la science n’est pas une affaire de genre. Connaissez-vous les femmes savantes d’aujourd’hui en France ? Brillantes mathématiciennes, océanographes, géochimistes, physiciennes, informaticiennes, sociologues… L’exposition « La science taille XX Elles » réalisée par l’association Femmes & Sciences, en collaboration avec le CNRS et l’ENS de Lyon, vous permettra de les découvrir, en photo sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris, du 8 au 30 novembre. Devant l’appareil du photographe Vincent Moncorgé, ces 48 scientifiques, qui exercent leur art à Toulouse, Lyon et en Ile-de-France ont posé, éprouvette ou boîte de Pétri en main, en blouse blanche ou jonglant avec des formules mathématiques… Cette mise en lumière montre que la science n’est pas une affaire de genre. Mais de passion et de pugnacité. Toutes (et tous), osez la science ! L'exposition sera inaugurée le 8 novembre à 16h en présence de Marie-Christine Lemardeley, adjointe d'Anne Hidalgo Maire de Paris, de Marie-Hélène Beauvais, directrice de cabinet d'Antoine Petit - représentante du CNRS, d'Isabelle Vauglin représentante de l'ENS de Lyon, d'Isabelle Pianet, Présidente de l'association Femmes & Sciences et de Vincent Moncorgé. Une visite officielle est prévue le 24 novembre en présence d'Anne Hidalgo. Contact presse : presidente@femmesetsciences.fr © Vincent Moncorgé < Précédent Voir tout l'agenda Suivant >
- Marianne Curely, Solune Denis et Yuetong Fang
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Marianne Curely, Solune Denis et Yuetong Fang Mathématiciennes Rejoignez l'équipe : faisons des maths ensemble ! Marianne Curely, Solune Denis et Yuetong Fang sont doctorantes de l’Université d’Angers au sein du Laboratoire angevin de recherche mathématiques [1]. Mécanique quantique, statistiques des événements extrêmes et géométrie complexe, toutes trois étudient des domaines très différents. Mais elles partagent le même engagement : faire des mathématiques un espace plus ouvert. Au croisement des mathématiques et de la mécanique quantique [2], Marianne Curely s’intéresse à une équation aux dérivées partielles bien spécifique : l’équation de Schrödinger, fondamentale pour décrire le comportement des particules à l’échelle de l’infiniment petit. “Comme ce type d’équations admet rarement des solutions explicites, j’étudie des solutions approchées appelées paquets d’ondes qui permettent de comprendre le mouvement quantique tout en respectant le principe d’incertitude. Ce principe explique qu’on ne peut pas mesurer simultanément et avec une précision parfaite la position et la vitesse”. Autrement dit : plus l’une est connue précisément, plus l’autre devient floue. Après ses classes préparatoires aux grandes écoles à Epinal (88), Marianne Curely poursuit ses études à l’Université Marie-et-Louis-Pasteur à Besançon (25) - licence, magistère, et master - en mathématiques générales et fondamentales. Aujourd’hui, l’enseignement occupe une place essentielle dans son parcours, nourrie par l’influence de plusieurs femmes qui l’ont encouragée et lui ont montré que ces disciplines étaient accessibles aux filles. Elle, qui a toujours aimé les math, fait découvrir aux élèves de licence à l'Université d'Angers des concepts de mathématiques comme le calcul différentiel ou l’analyse numérique. Solune Denis, elle, étudie la théorie des valeurs extrêmes. Elle cherche notamment à modéliser des événements rares comme les crues exceptionnelles, les vagues de chaleur, ou les crashs financiers. “Je m’intéresse à l’estimation de quantités situées tout au bout des distributions de probabilités, là où les données sont peu nombreuses mais les enjeux et les risques majeurs”, particulièrement en assurance. Son parcours est lié au hasard. Attirée par de nombreuses disciplines au lycée à la Réunion, où elle a grandi, passée par une classe préparatoire qui ne lui correspondait pas, elle a longtemps hésité. Elle envisage un temps le journalisme, avant de découvrir en licence que faire des mathématiques, et seulement des mathématiques, c’est cela qui lui convient. Cette trajectoire faite de bifurcations nourrit aujourd’hui un message qu’elle tient à transmettre : “il n’est pas grave de ne pas savoir tout de suite ce que l’on veut faire, ni de se tromper ”. Yuetong Fang travaille en géométrie complexe, une branche des mathématiques qui étudie les variétés complexes, des espaces abstraits dont la sphère est un exemple simple et intuitif. Ses recherches s’appuient sur des équations comme les équations de Monge - Ampère ou les équations hessiennes complexes. « J'analyse les solutions de ces équations pour mieux comprendre ces espaces complexes. J’essaie par exemple de comprendre leur forme et leur courbure, même si on ne peut pas les visualiser directement ». Formée d’abord en Chine, puis arrivée en France pour son master et sa thèse, elle a dû composer avec la barrière de la langue et un environnement où les femmes restaient très minoritaires. Son expérience lui a appris l’importance d’oser : aller parler à un enseignant, poser une question, demander un stage peut suffire à infléchir une trajectoire. “Quand nous sommes ensemble, nous parlons relativement peu de maths, par rapport à d’autres sujets ” s’amuse Yuetong Fang. “Mais c’est rassurant d’être toutes les trois, de se soutenir mutuellement ” ajoute Solune Denis. “Et nous partageons une même conviction : les sciences se construisent aussi par le collectif, la transmission et la diversité des parcours ” insiste Marianne Curely. 1 Larema, CNRS/Université d’Angers 2 La mécanique quantique est une théorie qui décrit les phénomènes physiques dans le monde de l’infiniment petit, à l’échelle des atomes.
- Accueil des femmes ukrainiennes
Accueil des femmes ukrainiennes Des femmes ukrainiennes universitaires, diplômées ou étudiantes, sont actuellement en grand danger. Nous appelons à les accueillir en France. Cette plateforme de l'association Femmes & Sciences est dédiée à l'accueil des femmes scientifiques ukrainiennes en exil qui arrivent en France. Contact : soutenir.ukrainiennes@femmesetsciences.fr Nos collègues ukrainiennes vivent une situation dramatique et nous devons les aider. Chacune et chacun, dans nos universités, nos écoles et nos entreprises, nous sommes prêtes à identifier des départements d’accueil, à les accompagner pour bénéficier du programme PAUSE ou d’autres programmes, à les aider à retrouver du travail, à persuader nos présidentes ou présidents, nos directions et nos collègues de se battre pour les accueillir le mieux possible et leur offrir un environnement de travail qui leur permette de poursuivre leurs études pour les étudiantes, leurs recherches et leurs enseignements pour les universitaires, de poursuivre leur carrière professionnelle pour les diplômées. Nous appelons toutes les personnes qui connaissent des étudiantes, des diplômées et des universitaires ukrainiennes à entrer en contact avec nous et à nous fournir les informations qui nous aideront à les identifier et à préparer leur accueil dans nos universités ou nos entreprises. Nous appelons toutes et tous les collègues qui souhaitent contribuer à les sauver à nous indiquer quels départements, quelles universités ou quelles entreprises sont prêtes à accueillir ces étudiantes, ces professeures ou ces diplômées. Nous appelons le gouvernement et les services de l’État à faire sortir ces collègues ukrainiennes de zones de guerre et à leur accorder l’asile en France. < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Atelier Mendeleieva à Lingolsheim pour 4 classes de 4ème et 3ème
Atelier Mendeleieva à Lingolsheim pour 4 classes de 4ème et 3ème Dans le cadre de la semaine autour du 8 mars, 7 doctorantes et chercheuses vont animer un atelier Mendeleieva au collège Galilée de Lingolsheim. Il s’agit à la fois d’un tableau de Mendeleïev garni d’échantillons et produits contenant des éléments du tableau, et d’un jeu de cartes associé, par familles de domaines : sciences de la terre, physique, chimie, maths et informatique, sciences de la vie…. Au-delà des aspects scientifiques abordés, Mendeleieva permet de parler des différents statuts et métiers de la recherche. Cet atelier permet ainsi de donner à voir aux jeunes, et notamment aux jeunes filles, des scientifiques en chair et en os (les animatrices), mais aussi de nombreuses femmes scientifiques sur les cartes associées aux différents éléments chimiques Pour en savoir plus sur Mendeleieva : https://www.femmesetsciences.fr/mendeleieva < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Déambulations scientifiques à Toulouse
Déambulations scientifiques à Toulouse 10 octobre 2024 Campus de Rangueil, Toulouse Une visite guidée pour rendre visibles des personnalités scientifiques féminines et faire connaître les centres de recherche du campus Rangueil Les membres de la région Occitanie Ouest de Femmes & Sciences proposent une visite guidée dans les rues proches de la bibliothèque universitaire qui portent le nom de femmes scientifiques (Hypatie d’Alexandrie, Hélène Richard-Foy, Rose Dieng-Kuntz, Sébastienne Guyot, Rosalind Franklin, Marianne Grunberg-Manago, Huguette Delavault). Venez découvrir ces personnalités, et d'autres, ainsi que les centres de recherche du campus Rangueil. Leur rendre hommage c’est aussi l’occasion de parler de la place des femmes dans la science d’hier et d’aujourd’hui, et de découvrir plusieurs centres de recherche de réputation internationale. Il n'y a pas de déambulation publique prévue actuellement. Pour organiser une déambulation avec un groupe d'élèves, contactez coordoccitanieouest@femmesetsciences.fr . Une action proposée par l’association Femmes & Sciences en partenariat avec l’Université de Toulouse. Avec le soutien de la CASDEN, du labex CIMI et de la FSI. Voir le teaser : https://www.youtube.com/watch?v=FltZbpGH3v4 © F&S, UPS < Précédent Voir tout l'agenda Suivant >
- Partenariat renouvelé entre le Rotary Club de Paris et Femmes & Sciences
Partenariat renouvelé entre le Rotary Club de Paris et Femmes & Sciences Le Rotary Club de Paris et Femmes & Sciences ont de nouveau signé une convention de partenariat le 19 mars 2025. Suite à une année mutuellement enrichissante entre Femmes & Sciences et le Rotary Club de Paris, le partenariat est renouvelé. En savoir plus sur la convention signée en 2024 : ici < Précédent Voir toutes les actualités Suivant >
- Elodie Paquet
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Elodie Paquet Chercheuse en robotique et impression 3D J'imprime mes idées taille XXL de l'architecture à la pâtisserie Élodie Paquet est enseignante-chercheuse à Nantes Université, au Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N) [1]. Spécialiste de l’impression 3D robotisée, elle conçoit des méthodes de fabrication automatisée de structures de grande taille pour la construction et l’industrie. Elle trace sa voie parmi les rares femmes engagées dans les technologies de fabrication avancée. Le goût d’Elodie Paquet pour la mécanique est apparu relativement tôt. Après un bac technologique (souvent privilégié par les hommes), elle poursuit un DUT Génie mécanique et productique à l’IUT de Nantes, avant d’intégrer une école d’ingénieurs par alternance. Un stage de six mois à l’Université de Cambridge, où elle participe au développement d’une imprimante 3D à visée médicale, marque un tournant. « J’ai compris que je pouvais à la fois concevoir, fabriquer et réfléchir aux usages ». Après plusieurs années dans l’industrie manufacturière, notamment sur des chantiers internationaux, Élodie Paquet revient à Nantes. Elle participe au projet YHNOVA, la première maison imprimée en 3D en France et inaugurée en 2017, avant de poursuivre une thèse [2]. Aujourd’hui spécialiste de l’impression 3D dite « XXL », Élodie Paquet conçoit des procédés permettant à des robots de fabriquer des structures de grande taille par dépôt successif de matière. Elle travaille avec une variété de matériaux comme le béton, la terre crue, les métaux et s’attache à automatiser intelligemment chaque étape du processus. Ses recherches intègrent la modélisation numérique via des jumeaux numériques [3], ainsi que l’utilisation de capteurs, de systèmes de monitoring en temps réel et d’outils d’intelligence artificielle afin d’optimiser et de contrôler la qualité des pièces produites. « Mon travail consiste à générer des trajectoires robotiques adaptées aux performances attendues, qu’elles soient mécaniques, thermiques ou environnementales. L’impression 3D permet de repenser la manière de construire avec moins de matière, moins de déchets et plus de fonctionnalités. » En parallèle de ses recherches, Élodie Paquet enseigne à Nantes Université les procédés de fabrication : l’usinage, le soudage, la robotique et l’impression 3D. Elle mène aussi des actions de médiation scientifique auprès du grand public et des scolaires, avec la volonté de rendre visibles des parcours féminins dans des domaines techniques encore largement masculins. « Longtemps en manque de modèles féminins, je veux aujourd’hui montrer qu’une femme peut s’épanouir pleinement dans ces métiers. Lessciences et l’ingénierie sont accessibles à toutes et à tous », rappelle-t-elle, soulignant que la diversité des profils constitue un levier essentiel de progrès. [1] LS2N, CNRS/Nantes Université/Ecole centrale de Nantes [2] Consacrée au développement de procédés de fabrication additive à base de polymère expansif pour des structures de grande dimension. [3] Un jumeau numérique est un modèle virtuel d'un objet physique.
- Élodie Bordat-Chauvin
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Élodie Bordat-Chauvin Enseignante-chercheuse en sociologie "Quand on parle de Culture, les mots ont du poids" Élodie Bordat-Chauvin est sociologue politique. Elle est maîtresse de conférences à l’Institut d’Études Européennes de l’Université Paris 8 et chercheuse au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA – CNRS/Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis/Université Paris Nanterre). Dès le collège, Élodie Bordat-Chauvin rêve d’être ethnologue et décide, après son bac, de partir étudier l’ethnologie au Mexique. Passionnée par les échanges interculturels, elle y mène une enquête ethnographique sur une association d’expatriés français à Mexico. Puis, lors de son Master à Sciences Po Aix, elle continue dans cette voie et réalise son mémoire sur la diplomatie culturelle de la France au Mexique. Elle poursuit ses études avec une thèse. Elle compare alors les processus d’institutionnalisation des actions culturelles menées par les pouvoirs publics au Mexique et en Argentine. Son travail sera récompensé en 2014 par le Cultural Policy Research Award . Grâce à ce prix, elle publie un premier ouvrage en anglais comparant les politiques culturelles argentine et mexicaine, rédigé pendant son premier congé de maternité. Deux ans plus tard, à l’occasion d’un second congé de maternité, elle publie en français un livre actualisant ses recherches. Dans ces ouvrages, Élodie Bordat-Chauvin démontre que la politique culturelle mexicaine est – historiquement et jusqu’à aujourd’hui – plus stable et consolidée que la politique culturelle argentine. Ce résultat, elle l’obtient en étudiant la planification de l’action culturelle dans ces pays et en s’intéressant aux lois et règles non-écrites qui impactent les politiques de culture. Par la suite, Élodie Bordat-Chauvin obtient un contrat de recherche postdoctoral et effectue quatre mois d’observation participante au ministère argentin de la Culture. Ce séjour lui a permis d’appréhender les pratiques et les représentations des agents administratifs sur leurs missions, ainsi que la façon dont ils s’acquittent de leurs rôles. Aujourd’hui, Élodie Bordat-Chauvin travaille sur les conséquences de la crise économique de 2018 sur le travail des agents du programme socio-culturel pour lequel elle a travaillé en Argentine. Elle s’intéresse également à la manière dont ce programme a circulé vers différents pays d’Amérique latine et d’Europe. Grâce à son métier d’enseignante-chercheuse en sociologie, Élodie Bordat-Chauvin a la chance d’être quotidiennement au contact d’étudiantes, de professionnelles de la culture et de travailler avec des chercheuses provenant de multiples pays. De l’ethnologie à la sociologie, en passant par les sciences politiques, elle continue à vivre son rêve d’enfant : apprendre à connaître d’autres cultures.
- Elisa Demuru
© Vincent Moncorgé Photothèque CNRS Association Femmes & Sciences Elisa Demuru Primatologue, éthologue "La femme qui murmurait à l’oreille des bonobos" Elisa Demuru est post-doctorante CNRS au Laboratoire dynamique du langage (DDL, Lyon2 / CNRS) en collaboration avec l’Équipe de neuro-éthologie sensorielle (ENES/Neuro-PSI, UJM Saint-Étienne / CNRS). D’origine piémontaise, elle étudie à l'Université de Turin en sciences de la vie et de la Terre. Elle obtient un master puis un doctorat de recherche en biologie du comportement, à Parme. Après un détour par le Musée d'Histoire Naturelle de l'Université de Pise, elle initie en France un projet post-doctoral qui analyse l’expérience sociale dans les premières années de vie et le développement des capacités communicatives chez les bonobos. Chez les bonobos tout le monde peut communiquer par des rapports sexuels : entre mâles et femelles, entre mâles, entre femelles, vieux, jeunes... Afin de régler des tensions mais aussi dans d’autres contextes : « pour eux ce n'est pas tabou, ce n'est pas de la reproduction, même chez les petits qui jouent entre eux, il y a toujours ce fond de sexualité » sourit Elisa Demuru. La socio-sexualité de ces primates si proches de l'homme est la seule chose que l'on retient généralement, un aspect sans équivalent dans le règne animal. « Pourtant il y a des conflits, précise Elisa Demuru, ce n'est pas une société pacifique, ils sont aussi capables de se battre. » Jusque dans les années 30, on n’avait pas identifié les bonobos que l’on assimilait à des chimpanzés. Des études anatomiques du squelette, réalisées dans un musée en Belgique, ont révélé des différences importantes. Cela ne fait pas moins de dix ans qu’Elisa Demuru, enthousiaste spécialiste des bonobos, les observe dans divers parcs animaliers d'Europe, dont celui de La Vallée des Singes non loin de Poitiers, ou dans leur berceau, le sanctuaire Lola ya Bonobo en République Démocratique du Congo. Elle travaille à comprendre les différents aspects de leur vie sociale ainsi que leur façon de communiquer. Elle reste parfois des journées entières, caméra au poing, à compiler des données pour analyser les résultats en laboratoire. Pourquoi avoir choisi les bonobos comme sujet de recherche ? « À huit ans, j'ai trouvé un livre sur l'évolution de l'Homme, que j'ai lu et relu. Je me suis dit que quand je serai grande je serai scientifique et que je ferai des études pour comprendre pourquoi nous sommes devenus ce que nous sommes. » La comparaison de l’animal humain avec les autres primates est fondamentale pour répondre à cette question. Il faut pour cela étudier les comportements des hommes et des femmes et aussi des grands singes. « On se voit tels des anges tombés du ciel, mais nous ne sommes que des singes qui marchent debout, comme disait le célèbre zoologue Desmond Morris. » Son domaine, en quelques mots : L'éthologie est la discipline scientifique qui s’intéresse au comportement des animaux. L'espèce étudiée par Elisa Demuru est le bonobo. Ses recherches visent à comprendre la façon dont les bonobos – cette espèce évolutivement la plus proche de l’humain – communiquent leurs intentions et émotions dans un contexte de jeu social. L’analyse des enregistrements vidéos et sonores collectés pendant plusieurs mois lui permet de décrire en détail les gestes, les expressions faciales et les vocalisations utilisés pour gérer une interaction ludique, dans le but d’explorer les liens entre la communication animale et humaine. La primatologie est-elle un domaine facilement accessible aux femmes ? « Quand on pense à des primatologues, on a tout de suite l’image de trois femmes célèbres : Jane Goodall, Dian Fossey et Birutė Galdikas. Malheureusement, dans la réalité on retrouve rapidement le phénomène du plafond de verre ». Et d'ajouter en riant « peut-être devrait-on apprendre quelque chose des bonobos : chez eux, ce sont les femelles qui dominent en s'entraidant ! »












