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« Grâce à des techniques d’imagerie en temps réel sophistiquées, elle suit individuellement le comportement de progéniteurs [...] »

Après avoir soutenu sa thèse en septembre 2014 à l’Institut Gustave Roussy à Villejuif, Angie Molina Delgado a démarré un post-doctorat en biologie cellulaire à Toulouse en février 2015 au Centre de biologie du développement (CBD – CNRS ; Université Toulouse III – Paul Sabatier) où elle travaille actuellement.

La mise en place et le fonctionnement du système nerveux nécessitent une parfaite coordination entre la régulation du cycle cellulaire – l’ensemble des étapes que traverse une cellule avant de se diviser et donner naissance à deux cellules filles - et la détermination du destin cellulaire - ce que la cellule va devenir, neurone ou cellule gliale.

La compréhension des mécanismes impliqués dans ces deux processus est importante car elle permet de définir les éléments contrôlant l’équilibre entre prolifération et différenciation tout au long de la vie, durant l’embryogenèse et chez l’adulte. L’altération de ces mécanismes peut entraîner une prolifération cellulaire incontrôlée, caractéristique de la progression tumorale, ou une différenciation prématurée, associée à des troubles neurodéveloppementaux.

Angie Molina Delgado a choisi d’élucider ces mécanismes en utilisant les cellules souches ou progéniteurs neuraux, qui composent la moelle épinière embryonnaire. À l’intérieur de ce tissu, les progéniteurs prolifèrent activement avant de se différencier en neurones. Cette jeune chercheuse s’intéresse tout particulièrement à la cinétique du cycle cellulaire et à son rôle sur le destin cellulaire.

Grâce à des techniques d’imagerie en temps réel sophistiquées, elle suit individuellement le comportement de progéniteurs dans leur environnement et le corrèle à leur devenir. Au delà de cette problématique fondamentale, les connaissances acquises sur les mécanismes qui contrôlent la balance prolifération/différenciation pourront être extrapolées à d’autres types de cellules souches, comme les cellules souches cancéreuses, en particulier celles des tumeurs cérébrales qui partagent de nombreuses caractéristiques avec les cellules souches neurales normales. C’est un domaine qu’Angie Molina Delgado connaît bien puisqu’elle a effectué une thèse sur l’implication d’une protéine « suppresseur » de tumeurs, ATIP3, dans les métastases du cancer du sein.

À terme, ses recherches seront utiles pour développer de nouvelles thérapies. Angie Molina Delgado a reçu la bourse L’Oréal/Unesco pour les Femmes et la Science en 2015.