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- Une vie sur le nanofil -

Céline Chevalier est ingénieure de recherche CNRS à l’Institut des nanotechnologies de Lyon (INL, ECL / INSA Lyon / CPE / Lyon1 / CNRS). Après un DUT Génie électrique et Informatique industrielle à Montluçon, suivi d’une licence et d’une maîtrise Électronique, Électrotechnique et Automatisme à l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, elle intègre un DEA orienté vers les microtechnologies qui deviennent dès lors son sujet de prédilection. Major de sa promo, elle obtient une bourse et initie une thèse en co-tutelle entre Grenoble et le Japon sur les diodes électroluminescentes en diamant et décide de poursuivre en post-doctorat son travail sur les LED. Motivée avant tout par la recherche, et après un intermède dans le privé, elle intègre l’INL où elle exerce un métier « applicatif ».

Nano-technologies, micro-technologies ? C'est à l’université que que Céline Chevalier s'est décidée. Élevée et grandie dans un milieu familial sans professeurs ni docteurs « j'étais plutôt scientifique que littéraire, ça marchait bien et au collège j'aimais bien les cours de technologie. J'ai poursuivi sur cette voie. »

Céline Chevalier explore désormais diverses thématiques. L’une d’elles porte sur la structuration de la matière à l'échelle nanométrique pour des applications à des cellules photovoltaïques polychromiques. Les dimensions de la structuration font varier la coloration des échantillons, permettant ainsi d’obtenir toute une gamme de couleurs. Appliquées à l’arrière des cellules photovoltaïques, ces couleurs rendent les panneaux plus esthétiques lorsqu’ils doivent être intégrés, par exemple, à l’habitat. Ils pourraient notamment être utilisés pour les panneaux publicitaires.

Céline Chevalier développe également une activité relative aux matériaux pour le photovoltaïque. Elle travaille pour cela à l'élaboration de cellules en couches minces de silicium – matériau usuellement utilisé dans ce domaine – ainsi qu'avec d'autres matériaux plus « exotiques » tels que les pérovskites (un cristal sensible à la lumière qui pourrait révolutionner l'énergie solaire) ou les cellules dites « tandem » qui combinent cellules photovoltaïques en nanofils et cellules de silicium. Le grand intérêt des nanofils est leur capacité à collecter dix fois plus d'énergie lumineuse qu'une cellule conventionnelle du fait de leur diamètre plus petit ou comparable aux longueurs d'onde de la lumière visible.

Ingénieure de recherche, et ensuite ? Les postes à responsabilités sont-ils réservés aux hommes ? Céline Chevalier préfère voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide et espère que davantage de femmes accèderont à ces postes. Très investie dans son travail, concilier sa vie professionnelle et sa vie en tant que femme et mère est au quotidien une véritable course contre la montre. « Mais je suppose que les femmes scientifiques d’il y a vingt ans avaient le même rythme que celles d'aujourd'hui. »

Son domaine, en quelques mots : Le travail de la matière à l’échelle nanométrique – Les produits innovants du futur (les cellules solaires photovoltaïques, les capteurs photoniques, les LEDs, etc.) font tous appel à des structures périodiques dans deux directions pour obtenir des fonctionnalités complexes. L’intégration de ces micro-nanostructures constitue un des leviers majeurs pour développer de nouveaux composants optoélectroniques et photoniques. Céline Chevalier travaille à l’élaboration de ces structures diffractives afin de contrôler les propriétés de ces composants clés. Pour cela, elle développe des moyens de micro-nanotechnologies en salle blanche, telles que la lithographie électronique, interférentielle laser et par nano-impression. Son travail doit garantir un contrôle dimensionnel, certifiant d’une nano-fabrication de qualité,